Pourquoi faire des postures avancées ?

La posture avancée est souvent le Saint Graal des pratiquants de yoga. Rares sont les personnes qui ne cherchent pas à réaliser un poirier (handstand ou ado mukhavrksasana), la sirène (mermaid pose ou eka pada raja kapotanasana)… Pourquoi ? A quoi cela sert-il de se contorsionner, de s’étirer dans tous les sens ?

La réponse la plus facile reste le jeu de l’EGO et de la performance. C’est vrai, les fausses perceptions que nous avons de notre environnement extérieur et de l’idée que l’on se fait de qui on est à travers une apparence conduisent tout le monde, un jour ou l’autre, à chercher une posture avancée. Cela fait partie de ces vrtti (vrttayah pancatayyah klistaklistah, Yoga Sutra I.5) qui nous voilent notre véritable identité.

Qui on est quand on fait un poirier ?

La réponse est : personne. Ou plutôt, si on va au fond des choses, on est. On EST. Parce qu’on est ICI et MAINTENANT. Mais avant d’arriver là, le pratiquant aura parcouru un chemin pour modifier cette perception. J’y viens.

Au départ, on veut impressionner. Impressionner son prof (qui en fait n’en a cure), les autres pratiquants, et soi-même. Dans ce faire, notamment vis à vis des autres, il peut même y avoir une forme de violence. Pourquoi ressentir une jouissance face aux autres quand on réussit une posture avancée ? On est alors dans un positionnement de domination, bien loin de l’esprit du yoga. Cependant, il faut bien admettre que cela existe. Et c’est un point de départ.

Jouer avec son EGO va faire partie du chemin, pour la plupart des pratiquants, dont je suis. On veut se prouver qu’on est puissant physiquement, résistant, qu’on est performant et donc qu’on est « bien ». Ensuite, au fur et à mesure qu’on affine sa pratique, le ressenti diffère. Pratiquer des postures avancées, les travailler, nécessite une connaissance de plus en plus aiguë de son corps, de ses perceptions extérieures et surtout intérieures, de ses transitions  dont je parlais dans un précédent article (cf Les transitions, mon article précédent). Il ne s’agit plus de performance physique et sportive. Il s’agit d’observer comment son corps physique réagit, comment son corps pranique agit (cf Les koshas : nos enveloppes).

On devient l’observateur.

Ce n’est plus CITTA, le mental, mais CIT, la conscience, l’ETRE, qui est aux commandes. La posture avancée devient alors le reflet de la puissance de son observation, de la façon dont le prana s’installe dans le corps, de la façon dont on s’absorbe, se résorbe, se pose, là, dans l’instant. C’est le moment de s’observer, de s’aimer et de s’accepter.

Qu’est ce que je ressens dans un adho mukha vriksasana ou poirier ? Suis-je en état de béatitude ? Extatique ? Ai-je des craintes ? Comment est ma respiration ? Comment sont mes organes internes ? Comment est-ce que je réagis ? Et mon mental ? Je me parle ? M’encourage ? Me critique ? Je fais ça devant des gens ? Seule ?

Cette posture pour moi est symbolique : je ne sais plus la faire. Je l’ai déconstruite. J’ai peur quand je la fais, je me fais mal et je me tends. Je sens qu’à l’intérieur cela n’est pas extraordinaire. Mes trapèzes, scalènes sont hyper tendus. Mes épaules se bloquent. Pour moi, cette posture est stressante. Alors je ne la pratique plus pour l’instant. Je l’observe et je m’observe intérieurement. Même dans le non faire, je fais. J’ai appris à me connaître, à déceler les petits points de déclenchement d’une réaction corporelle et/ou psychique : un trigger point. Je ne prétends pas pour autant tout sentir et avoir une solution miracle. En revanche, le fait de ne pas réussir pour moi cette posture avancée m’a fait progresser.

A l’inverse, je « réussis » des variations de bakasana, crane pose ou le corbeau / grue. Là les sentiments sont différents. Il y a de l’émotion. Je m’envole, au sens littéral du terme. Je me sens légère, décontractée, intérieure. Je me sers de la terre et de l’air. Je trouve un équilibre subtil entre ces 2 éléments. Je suis bien. Pas de perturbation mentale, un cit stable, un prana circulant dans tout le corps. D’ailleurs, quand je ne parviens pas à faire cette posture, c’est que je suis lourde. Je ne parviens pas à faire parce qu’une posture ne pas pas être faite elle doit être. La présence est l’élément clé. La présence ne signifie pas que le mental réfléchit. Ce n’est pas être présent. Être présent c’est d’abord de l’équilibre, du silence, de l’énergie et une ouverture.

La posture avancée devient une espèce de météo de son espace intérieur.

L’ESPACE.

L’espace c’est aussi la grande découverte de ces postures avancées. De toutes les postures. On est stable et équilibré (« sthira sukham« ) dans toutes les postures quand on a créé de l’espace et qu’on ne s’est plus ratatiné sous les regards, les pensées, les paroles. Le SOI (ou le vrai MOI) a pris sa place.

L’espace … c’est symbolique. On crée de l’espace en SOI(T) et en même on EST dans l’espace. L’infiniment grand rejoint l’infiniment petit. On est ici et partout. On fait partie de l’univers. On a trouvé sa place. Cela ne se réfléchit pas, cela se vit. On trouve l’espace quand on a enfin lâché le mental. C’est un chemin, ce que j’appelle « la voie du guerrier pacifique », une initiation (j’en profite pour renvoyer à la lecture du livre de Dan Millman Le Guerrier Pacifique).

Bien entendu, c’est très important et TELLEMENT, on ne se lance jamais dans une posture avancée sans avoir échauffé son corps. On ne se fait pas mal (n’oubliez pas ahimsa, la non violence, déjà, à l’égard de soi). On adapte les postures au regard de l’état physique de son corps. On respecte son intégrité, on se respecte. On vit sa posture et pas celle de la star du yoga ou des magazines (qui a mon sens sont en train de faire la même chose que les magazines féminins, nous culpabiliser !). On est en paix.

Hari OM tat sat

SHANTI. SHANTI. SHANTI

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Les transitions

Tout doucement, en cette fin du mois de novembre, nous transitons de l’automne à l’hiver. Puis ensuite vers une nouvelle année calendaire. Et encore après … nous sommes toujours dans une transition et dans un éternel mouvement en avant. C’est ce qui résume bien notre société : ce souci constant d’être dans un calendrier, dans le mouvement. Une pseudo dynamique, une projection en avant.

Nous vivons un temps qui déjà n’existe plus puisqu’il est passé. C’est là LE problème fondamental de la société : nous ne sommes plus. La performance – économique, sociale, sportive – est source de souffrances car il est toujours difficile pour un être humain d’atteindre cette « perfection » sans y laisser quelque chose et d’abord sa propre personne aussi bien physique que spirituelle et morale. Nous nous épuisons. Comme nous épuisons la Terre.

Et c’est pourtant dans les transitions que réside le GRAND SECRET, la solution. La transition est source de puissante en ce qu’elle demande encore plus de présence, cet ici-et-maintenant qui est tellement évoqué un peu partout (car c’est très à la mode, ne pensez-vous pas ?).

En yoga, le professeur essaiera dans tous ces cours de faire prendre conscience aux pratiquants d’être toujours là dans la posture. Ici et maintenant. De penser à son ancrage et sa stabilité. A se soutenir avec la respiration. A sentir la posture.

C’est la même chose au cours d’une méditation ou d’un yoga nidra. Ce qui compte, c’est d’être DANS sa conscience.

Et pourtant, on peut affiner sa pratiquer, la raffiner (j’aime bien ce mot qui implique de délaisser tellement d' »impuretés »). Développer sa présence dans les transitions. Etre là dans la transition. Bouger dans une véritable conscience de l’instant, de son corps de sa disposition mentale, dans la subtilité du prana et de sa lumière intérieure. Transiter de virabhadrasana II (guerrier 2) à uttitha trikonasana (triangle) puis à uttita parsvakonasana (angle étiré) ne demande pas seulement de veiller à l’alignement de son corps. La conscience du mouvement et de la présence crée une musique interne, un mouvement de joie profond qui prend le corps. Une jouissance intérieure. Vous sentez la beauté en vous. Vous ressentez le prana, ce souffle de vie qui est au delà de la simple respiration (Porté par le prana de Anne Nuotio). Vous êtes en communion avec vos cellules.

Il n’y a pas de mystique dans ce que j’écris. Il n’y a pas non plus d’ésotérisme. Mais simplement un vécu possible avec bien entendu de la pratique mais surtout de l’attention. La transition est peu être ce qu’il y a de plus « excitant » dans le yoga. Vous sentez alors la joie, ce sentiment très pur que je place bien au-dessus du bonheur, sentiment inconstant, éphémère et quasi inatteignable qu’on s’obstine absolument à atteindre (je vous renvoie à l’excellent ouvrage de Frédéric Lénoir La puissance de la joie et à la description romancée de la philosophie de Spinoza à ce sujet dans Le problème Spinoza de Irvin Yalom).

Il est certain que lorsque vous commencez le yoga, votre attention sera tournée sur la façon de faire la posture, et d’abord pour ne pas vous blesser. Ensuite, votre attention sera tournée sur la respiration pour être dans la posture. Vous serez dans un premier état méditatif. Puis, progressivement vous lâcherez cette conscience pour être. Cet ETRE sera dans toute votre pratique. C’est à ce moment là que vous comprendrez ce que je veux dire. Le yoga devient une drogue en ce que le corps ne peut plus s’en passer mais aussi la tête. Non pas pour se soigner et s’offrir un moment de bien être mais parce qu’une étincelle se sera allumée.

Parfois, elle s’éteint : alors il faut tout reprendre et retourner en Soi.

Cette transition a aussi une grande importance en yoga nidra. Quand vous êtes dans turya, ce quatrième état de conscience ( voir Les états modifiés de conscience), qui transcende les 3 états de conscience que nous connaissons tous (Eveil, Rêve et sommeil profond), il convient alors d’affiner encore plus sa conscience dans les transitions entre tous ces états. Qui suis-je dans ces états de conscience ? Que suis-je ?

Passé, présent et futur n’existent plus. Microcosme et macrocosme se confondent. Il n’y a plus de souffrance. Il y a une joie profonde. Il y a tout et il n’y a rien (voir Etats de conscience, Mandukya Upanishad et le mantra OM ). Il n’y a rien et il y a tout.

Je vous invite à être plus présent dans vos transitions. Dans le yoga, dans votre vie quotidienne entre sommeil et réveil, entre chacune de vos activités. Vous poser simplement là et observer. Arrive alors la conscience et s’ouvre devant vous la voie du Guerrier Pacifique : facile à écrire, plus compliqué à mettre en œuvre dans sa vie, mais là est l’essentiel.

Il faut vénérer l’Âme qui est faite de la pensée, dont le corps est souffle, la forme lumière, l’être espace. (Hymne à l’âtman (Shatapatha-Brâhmana : 10.6 ), sq. 2 dans « Sept Upanishads », Collections « Points Sagesses », le Seuil, 1999 traduction Jean Varenne)

Satya, vérité et sincérité

Satya pratisthayam kriya phalasrayatvam. Patanjali Yoga Sutra II.36

Lorsque nous sommes fermement établis dans le respect de la vérité, nos actions sont naturellement couronnées de succès.

Il y a un moment où, lorsqu’on fait du yoga, on lit les Yoga Sutra de Patanjali. Les Yoga Sutra ce sont des aphorismes qui décrivent ce qu’est le yoga et comment l’on peut arriver au samadhi, l’éveil et la libération.

Le samadhi est le point ultime du yoga et, pour y parvenir, il faut suivre un chemin plus ou moins linéaires à travers les branches du yoga. Elles sont au nombre de 8, la dernière étant le samadhi. On y trouve:

  • Yama: ensemble de principes éthiques
  • Niyama: ensemble de règles de vie personnelles
  • Asanas: les postures
  • Pranayama: la respiration
  • Pratyahara: retrait des sens
  • Dharana : attention / concentration
  • Dyana: méditation
  • Samadhi : état d’unité, de bien être absolu.

Je m’arrête sur l’un des yama, ce code éthique réagissant avec l’extérieur : SATYA. Je ne souhaite pas ici faire un commentaire du sutra cité supra et de la traduction car il y a excellents ouvrages à ce sujet (je vous recommande La science du Yoga de l’humain au divin de I.K. Taimni).

Dans notre société actuelle, on parle beaucoup de AHIMSA, la non violence. Thématique très à la mode car non seulement elle nous rappelle qu’il faut être posé dans une société où la Performance est au pinacle mais aussi qu’il faut faire preuve de non violence vis à vis des animaux et donc ne plus manger de viande et adopter un mode de vie au moins végétarien.

Je trouve que l’on parle beaucoup ed AHIMSA et souvent au détriment des autres codes éthiques et SATYA est l’un d’eux. SATYA, la vérité, n’est pas seulement « dire tout le temps la vérité ». Non ! SATYA nous engage aussi à vivre avec vérité.

Personnellement je lui substituerai volontiers le terme de sincérité. La sincérité dans les actes et dans les paroles. La sincérité qui s’accompagne de la pureté. La pureté des mots et la pureté des gestes. La sincérité dont une étymologie est liée à unité.

Sur un tapis de yoga, on ne joue pas un rôle, on EST. Dans les asanas, dans le pranayama, on EST sincère. Jouer un rôle, faire semblant de, endosser un costume pour faire croire, pour triomper et se tromper, ce n’est pas du Yoga car ce n’est pas SATYA. Car au bout il ne peut y avoir moksha, la libération (des souffrances).

Etre sincère est difficile. Il s’agit de ne pas se masquer à son propre regard et à celui des autres. Souvent on compare les formations de professeur de yoga à un travail sur soi. En effet, on a l’impression d’enlever des peaux, toutes ces couches érigées au fur et à mesure, pour des raisons disparates et parfois très discutables. Etre sincère avec soi même, se voir tel qu’on est, dessine ce merveilleux chemin de l’acceptation et de l’amour inconditionnel et total. Qui a toujours aimé la personne qu’elle est peut s’arrêter de lire ici.

Si je suis sincère, je dois et notamment sur mon tapis (et bien entendu en dehors) m’accepter telle que je suis et travailler. Travailler pour déchirer les illusions et les fausses idées imposées par le mental et la société.

Cette sincérité apaise le corps et l’esprit. Elle n’est pas rajas, le mouvement ininterrompu ni tamas, l’inertie. Elle est sattva, le guna de l’équilibre. Elle permet de considérer l’extérieur objectivement : elle est l’observateur pas l’acteur. Elle conduit au guerrier pacifique, celui qui est dans la société, qui la traverse la sérénité au coeur. Elle est lumière car absolue. Rien n’est en deçà, rien n’est au-delà. L’ensemble des religions dise que la sincérité mène au divin. Sans aller jusque là, vous percevrez la qualité de SATYA.

Si la sincérité est déjà affaire personnelle elle permet aussi une interaction avec un alter, l’Autre. Elle guide forcément vers le respect et l’absence de mensonge.

Mais SATYA est un chemin difficile. Comment être sincère ? Comment supporter le regard de ceux qui vous trouvent ce côté « BISOUNOURS si complètement à côté de la plaque » ?

Soit vous abandonnez pour être en adéquation avec ce pense une partie de la société. Soit vous persévérez. Pour vous et pour les autres. C’est difficile. Parfois ingrat, mais il y a toujours cette lumière dans le cœur, dans les yeux et dans le sourire. Et vous vous sentez en adéquation avec l’Univers et avec vous même (et demandez vous si être en adéquation avec soi même finalement ce n’est pas être en harmonie avec l’Univers).

Pour ma part, sentir que ma flamme intérieure est aussi dans l’Univers, c’est un sentiment merveilleux.

HARI OM TAT SAT

De la Gratitude à Virabhadrasana 2

Eh oui deuxième article sur la gratitude … c’est un sujet qui me tient à cœur.

En pleine cure ayurvédique de 3 jours, mon thérapeute me dit que je suis trop dure avec moi-même.

Dieu sait que j’ai parcouru un long chemin depuis le jour où j’ai mis un pied chez lui ! Mais il a raison… j’ai encore du travail, j’ai toujours des tensions importantes dans les mâchoires, les trapèzes et le cou et bonjour les migraines à répétition.

Alors voilà aujourd’hui je débute mes 100 jours gratitude. Pourquoi 100 ? Parce que c’est un chiffre important pour que les éléments de gratitude m’emplissent et inversent le chemin emprunté par mes petites neurones. Pourquoi gratitude ? Parce que je suis trop exigeante et d’abord envers moi même. Je dois devenir un guerrier pacifique, plus besoin d’avoir cette volonté inextinguible grande consommatrice d’énergie. Le guerrier fort doit laisser place à la sérénité et au flot paisible. Et je pense que la gratitude va m’aider en cela. En effet, avoir de la gratitude envers moi même cela signifie m’accepter telle que je suis et pas autrement, être ce que je suis et non pas ce que je pense. Avoir de la gratitude envers les autres, c’est encore plus faire confiance et m’abandonner.

J’aime beaucoup la respiration mise en avant par Guru Jagat dans son libre « Yoga Kundalini pour une vie invincible » : la respiration saine, heureuse et ancrée car elle célèbre la personne et lui donne de l’amour. C’est un acte magnifique de gratitude envers soi.

Il suffit au moment d’une rétention après inspiration de répéter mentalement trois fois, tel un mantra « je suis en bonne santé, je suis heureuse, je suis sacrée » (les hommes vous mettrez au masculin la phrase). Et de le répéter trois fois à voix haute à l’expiration et ce entre 3 et 11 min. Puis on restera silencieux quelques instants avant d’étirer les doigts entrecroisés vers le ciel à l’inspiration et de se détendre à l’expiration.

Si le yoga est un dépassement de l’égo, il est d’abord un cheminement vers son SOI profond. Celui-ci est souvent bien enfoui sous des couches et des couches de barrières sociales, de maya, ce voile d’illusion où tous nos samskaras viennent se coller. Il n’est pas question de tout remettre en question. Non, simplement de se donner de l’espace, de la respiration pour se caler uniquement dans le moment présent et ne plus laisser libre court à la vaste carte de nos émotions instantanées et à nos réactions tout aussi instantanées. Relâcher la pression. Faire un pas en arrière. Se respecter. Et contrairement à ce que j’entends dans la bouche d’amis ou collègues, agir ainsi n’est pas devenir flemmard, inefficace, peureux ou inactif. C’est encore moins tomber dans une secte (j’y ai droit quasi tous les jours). Non c’est juste s’aimer, rendre grâce à la vie qu’on nous a offerte et le vivre pleinement. Devenir ce guerrier pacifique serein qui avance.

L’asana du guerrier 2 illustre parfaitement ce guerrier pacifique en équilibre: l’avant du corps, comparable à l’Est évoque la force et le courage de conduire une armée au combat, l’arrière du corps à l’Ouest reflète le passé, la perte de Shiva, nos propres expériences  et ces événements qui font de nous ce que nous sommes. En élevant les bras de part et d’autre, vers l’est et vers l’ouest, nous cultivons le moment présent et éprouvons notre capacité à faire face à n’importe quel challenge. Virabhadrasana II est d’abord une posture intérieure plus que physique et extérieure. Elle est espace et enracinement, elle renforce et en même temps elle éveille une sentiment de grâce et d’ouverture. Elle invite à être en suspension à la fois dans l’espace mais aussi entre corps et esprit. Elle est équilibre. De fait Guerrier 2 nous invite à incarner l’expansion sans limite de l’esprit et à rester ouvert. C’est pourquoi elle est souvent citée pour travailler sur le sentiment de sécurité et de confiance car elle est en lien direct avec muladhara chakra (le chakra racine).

Alors jour 1 de la gratitude ?

Namaste

Les koshas : nos enveloppes

Je rebondis sur un article de Mathieu paru dans le n°119 d’Infos Yoga sur le yoga nidra. Il dit entre autre qu’en yoga nidra, nous avons la capacité à ne plus nous identifier à notre corps physique. L’idée est difficile à admettre car depuis tout petit nous nous identifions à notre corps physique : je suis gros, je suis petit. C’est une fausse identification qui brouille les cartes de la connaissance du Soi. Le yoga nidra est un des moyens de dépasser cette identification. De plus, ou en plus, il utilise toutes nos enveloppes pour parvenir à notre conscience lumineuse, notre Soi profond , immobile et permanent, turyia.

Mais qu’est ce que les koshas ?

La Taittirya Upanishad traite des gaines du soi. Je suis frappée de voir que différents élements de la philosophie du yoga repose sur la quinternité. D’ailleurs dans cette Upanishad, il est dit « C’est par les quinternités du microcosme que l’on s’unit aux quinternités du macrocosme. » Je vous incite à vous reporter à l’excellent ouvrage de Martine Buttex « 108 Upanishad« .

Annamaya kosha est la gaine physique de nourriture, le corps grossier. Il procède d’Atman . Il est constitué de cinq substances (tanmâtra : son, contact, vision, goût, odeur), de cinq éléments (mahâbhûta : éther, air, feu, eau, terre), de trois humeurs (dosha : mucosité, air, bile), de six fluides (dhâtu : chyle, sang, chair, graisse, moelle, semen). C’est par ce corps qu’existe le monde manifesté.

Pranamaya kosha est la gaine de l’énergie vitale. Elle est constituée de cinq prâna (prâna, l’inspir, pour la vie, vyâna, la rtéention, pour la circulation sanguine, samâna sur l’assimilation de la nourriture, apâna, l’expir, pour l’élimination, udâna pour le développement spirituel), cinq prâna mineurs (nâga pour les vomissements, juma pour le sommeil, krikara pour la faim, devadatta pour le bâillement, dhananiaya pour la nutrition), de cinq organes d’action (karmendriya : langue, mains, pieds, organes d’excrétion, organes de reproduction).

Manomaya kosha est la gaine mentale. Il est constitué de cinq organes des sens, jñânindriya : ouïe, toucher, vue, goût, odorat.

Vijnanamaya kosha est la gaine de l’intellect. Elle est constitués des cinq organes des sens, (jñânindriya : ouïe, toucher, vue, goût, odorat).

Anandamaya kosha est la gaine spirituelle de félicité ou de béatitude.

 

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Et après ?

L’approche des koshas permet d’approfondir la connaissance de soi et de dépasser la dualité corps / esprit introduite par la philosophie de Descartes.

D’abord, se connaître c’est aller au-delà de sa simple apparence physique. Les koshas deviennent des clés de compréhension, interdépendantes, de soi. De soi, en tant qu’enveloppe physique et en tant qu’âme / esprit / conscience.

On est fait de plein de choses !

On utilisera ces 5 enveloppes pour s’approcher, travailler et se comprendre. A moins d’être un être éveillé, je pense que ces 5 koshas sont des outils de connaissance. En yoga nidra, ils seront « travaillés » pour arriver à turyia.

La connaissance de son corps physique permet de se soigner, de se sentir mieux. En yoga, on demande toujours de sentir son corps, tout son corps, d’une extrémité à une autre et de s’ancrer avec les pieds.

Le prana permet de calmer son système nerveux et de se poser. Il est musique intérieure, support de méditation, source d’espace. Quand le macrocosome s’installe dans le microcosme de son corps … Faire circuler le prana permet, progressivement, une connexion de l’intérieur vers l’extérieur, un mouvement du défini vers l’infini.

Le mental est l’un des systèmes les plus difficiles à dompter. Il est l’objet du yoga car c’est par sa « maîtrise » (mais le terme est maladroit) que nous faisons cesser les fausses identifications. Le yoga nidra permet de s’apercevoir que le mental composé en partie de citta, n’est pas la conscience. En yoga nidra on fait face, en toute sécurité, à citta, ce qui permet d’accéder au corps de sagesse, vijnanamaya kosha.

Sally Kempton, écrivain américaine et spécialiste du Vedanta, indique que le corps de sagesse, à son niveau le plus subtil, s’exprime simplement par la conscience, la partie de nous-même qui observe objectivement. Nous devenons Témoin. Elle décrit également le corps de félicité comme la part la plus secrète de nous-même. Sa présence subtile nous fait ressentir instinctivement que la vie vaut d’être vécue, que nous sommes nés bienheureux. Le corps de félicité est la couche la plus profonde de notre être, notre Soi. Le contact avec le corps de félicité se développe en pratiquant, tout particulièrement la répétition d’un mantra, la méditation, qui enseignent à l’esprit à dépasser maya, le voile. En contact avec son corps de félicité, on est joyeux, heureux et libre. On est dans le contentement.

On peut être dans tous ces corps. On le sait et on le sent. Comme on sait et comme on sent que nous n’y sommes pas. Évidemment la connaissance de ces corps et des ces enveloppes est un apprentissage d’une grande complexité et la pratique du yoga est un outil pour y parvenir. Cependant, comme je l’ai déjà écrit, le  yoga n’est pas qu’exercices physiques, il est d’abord et avant tout une recherche de l’état de conscience pure, le vrai Soi.

 

 

Un Yoga Occidental : vinyoga

J’adore lire. Je suis une acheteuse quasi compulsive de livres et notamment ceux concernant le yoga.

Je suis donc tombée sur cet ouvrage : Un yoga occidental, L’enseignement viniyoga de Krishnamacharya à aujourd’hui de Philippe Filliot. Tombée littéralement. ET je me suis dit : « pourquoi pas ? ».

Je suis entrée en résonance à de multiples points du livre. Je suis prof de vinyasa et ma prof, Amie (www.asanayogastudio.com), synthétise deux influences majeures, celles de Gérard Arnaud et Ana Forrest. Je pratique ce qui est à mes yeux un yoga en mouvements continus synchrones avec le souffle, sans effort, ferme et relâchée, et dont les éléments de posture sont adaptés à tous.

Aussi, je me suis retrouvée dans l’enseignement de T.Krishnamacharya et de T.K.V Desikachar et Claude Maréchal, bien que posturalement parlant je ne relève pas strictement de ce mouvement de yoga.

Il ne faut pas tenter à tout prix d’adapter la personne au yoga que l’on enseigne mais il faut impérativement adapter de façon juste le yoga à la personne.

Philippe Filliot observe que l’évolution spirituelle que dessine le yoga n’est donc pas une progression linéaire mais plutôt un processus involutif pour s’enraciner profondément en soi-même.

Et c’est cela que je ressens. D’abord non le chemin du yoga n’est pas linéaire. Il est fait de joies et de chaos, de colères et de plaisir.

Si faire du yoga au début a été synonyme de pratique physique, très vite il est devenu beaucoup plus profond. L’aspect physique ne remplissait plus ce besoin de plus en plus prégnant de comprendre, de s’imprégner de spiritualité, de ressentir la lumière et la sérénité.

Devenir professeur en suivant une formation a été le premier virage transformatif : j’ai été comme un oignon à qui on a ôté quelques pelures. Cela a été profond et pas sans peine dans tous les sens du terme. Et j’ai effectué non pas une révolution mais une involution, un redéploiement vers l’intérieur. Extérieurement je suis la même. Mais intérieurement, tout est plus lumineux, sûr, ancré, distancié.

Et chaque jour de yoga, chaque jour de ma vie suit ce principe général d’involution mais à petit pas. Philippe Filliot parle d’union (qui est la traduction du mot sankrit) où l’individu et sa pratique se fondent, ne font qu’un, ce qui justifie une adaptation du yoga pour que l’union soit complète.

Le tapis de yoga devient un « espace interstitiel, presque sacré, (où) il est alors possible d’expérimenter réellement l’état d’esprit du yiga et d’y inventer une autre manière de sentir et de penser. (…) Voici un haut lieu de « recherche intérieure » (svadhyaya) ».

Sur le tapis, on se met en samgati (mouvement de rassemblement et d’absorption), à l’unisson, on cultive l’esprit (bhavana) qui permettra les transformations progressives pour aller vers l’unité et on sera attentif à équilibrer les contraires (pratikriyasana).

Tout devient alors plus simple et on avance sur son chemin en toute sérénité (aviplava).

Outre l’adaptation des postures, le discours du viniyoga est d’accepter que la forme indienne du yoga évolue avec la société occidentale. Bien qu’attirée par les déités indiennes, l’histoire spirituelle de l’Inde et ses symbolisme, je ne suis pas indienne et il faut admettre qu’emprunter à l’Inde ses caractéristiques me donnerait l’impression de copier mais pas « d’être ». Cette forme de yoga permet à l’individu d’émerger tel qu’il est. Je pense que ce support permet l’émergence d’un SOI profond qui trouve mieux à s’exprimer ainsi.

Cela ne signifie pas qu’il faille rejeter les enseignements de l’Inde. Bien au contraire, la philosophie indienne a été très riche sur les aspects spirituels et permet de donner une tout autre dimension à la réflexion.

Par exemple de la non-dualité.

En Occident, une grande partie de la philosophie s’est bâtie sur la dualité depuis Platon et surtout Descartes : le premier oppose le monde sensible (le monde de l’illusion) et le monde intelligible (monde des Idées éternelles), le second, opposera la substance (âme) à l’étendue (corps). Il faudra notamment Spinoza pour poser l’alliance de l’âme et du corps (petit aparté  : en cours de philo j’avais du mal à saisir tous ces concepts trop abscons pour moi. Avec le yoga, j’ai une nouvelle intelligence de certains textes et notamment de la philosophie de Spinoza. La lecture de Spinoza est loin d’être facile alors je recommande pour une approche très littéraire le livre de Irvin YALOM « Le problème Spinoza » – cf une très bonne critique du livre ici – et le livre réflexion de Frédéric Lenoir « Le miracle Spinoza » -).                                                                                                                 Alors que la non-dualité se retrouve déjà (texte ayant 5000 ans) dans le Vijnanabhaïrava Tantra, le « Tantra de la Connaissance Suprême » et dans l’idée que nous faisons partie d’un grand tout, où microcosme et macrocosme ne font qu’un ou individu et divin sont unis dans l’un. C’est une compréhension différente de ce que l’on nous a inculqué depuis tout petits mais qui sous tend toute la philosophie du yoga.

Bref, voici ce qu’un petit livre peut susciter comme réflexion.

Je vous les conseille. Bonne lecture !

Stress, système nerveux et yoga : un peu de science

Avec le yoga, j’ai découvert l’anatomie et c’est passionnant ! C’est une clé de compréhension de son propre corps et cela permet de décrypter en partie ses messages.

Souvent on entend dire que le yoga aide à lutter contre le stress et l’anxiété, que cela en diminue le niveau. On parle aussi beaucoup de la différence entre yin et yang, entre yoga restoratif et yoga dynamique.

Mais au fait, comment ça marche ?

Centre de commande, de régulation et de coordination, le système nerveux nous permet de ressentir et de percevoir ce qui nous entoure, de nous adapter à notre milieu et d’interagir avec lui.

Il nerveux contient des milliards de cellules nerveuses interconnectées, les neurones.

Le système nerveux comporte 2 divisions physiques : le système nerveux central (encéphale et moelle épinière) et le système nerveux périphérique (les ramifications nerveuses dans tout le corps).

On parle aussi de système nerveux autonome, SNA (appelé aussi auparavant système nerveux végétatif).

Une grande partie de l’activité du SNA se déroule sous le seuil de conscience (Les états modifiés de conscience). Le SNA est le pilote automatique du corps.

En effet, il régule et maintient des conditions internes du corps (températures, taux de substances chimiques) et stimule la contraction de certains muscles et la libération de certaines substances par les glandes. Et il régule des processus physiologiques comme les battements du cœur , la respiration, la digestion ou l’excrétion.

Tiens ! on commence à comprendre le lien entre stress et le cœur qui bat fort, souffle court, estomac noué et constipation.

Mais pourquoi ? Face à une émotion forte (comme la peur) c’est le SNA qui traduit l’émotion dans le corps, pas le cerveau. Il faut un temps et un effort mental pour que le cerveau reprenne la maîtrise consciente du corps.

Allons plus loin : le fonctionnement du stress

Le SNA se divise en deux : le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique.

Le système nerveux sympathique a des effets stimulateurs sur les différents tissus et organes.

Lorsqu’il s’active, via l’hypothalamus et l’adrénaline, la tension artérielle et la fréquence cardiaque augmentent et la respiration s’amplifie pour mieux alimenter le cerveau et les muscles en oxygène et en nutriments. Le cœur se prépare à une situation stressante : c’est ce qu’on appelle la réaction de lutte ou de fuite, le cerveau reptilien. C’était le mode de vie de nos ancêtres, les hommes préhistoriques.Quand la situation de stress aigu diminue en intensité, l’hippocampe agit sur l’hypothalamus et freine la production de cortisol

Ainsi quand notre système nerveux sympathique se met en action, pour protéger le cœur, va inhiber d’autres organes : l’écoulement des larmes, la production de salive (j’ai la gorge sèche et nouée), le péristaltisme (les contractions de l’intestin), la sécrétion des enzymes digestives, la production d’urine, le transit. Il aura aussi une action constrictive sur les vaisseaux sanguins et va déclencher la libération de glucose puis du cortisol.

Or, ce déversement d’hormones dans l’organisme n’est pas sans conséquence pour le cerveau : certaines fonctions cognitives sont modifiées. Un peu de stress favorise la mémorisation, tient éveillé, favorise la performance par stimulation hormonale.

Or, les effets bénéfiques en situation de stress aigu, deviennent néfastes lorsque le stress devient chronique. En effet, le cortisol est responsable d’une augmentation de la dégradation des protéines, l’organisme qui a épuisé ses réserves de sucres et de lipides, attaque ses propres structures. Cette production de composants énergétiques se traduit par :

  • une augmentation du glucose, des triglycérides et du cholestérol sanguin, à l’origine de maladies cardiovasculaires ;
  • un effet sur les capacités immunitaires.

En situation de stress chronique, l’hippocampe perd sa capacité à freiner l’hypothalamus.  Le cortisol reste élevé, il manifeste alors son pouvoir anxiogène et dépresseur et entraîne une dégradation de la mémoire et des capacités d’apprentissage.

Inverser le système nerveux

Alors du coup, souvent on entend dire, et moi la première, qu’il faut inverser le système nerveux, agir sur le système nerveux parasympathique. Celui-ci en effet, contrebalance la stimulation sympathique en réduisant l’activité concernée, elle a un effet calmant. L’hippocampe freine la suractivité de l’hypothalamus. L’écoulement des larmes, la digestion, la libération d’insuline, la sécrétion de salive, le transit et le stockage de glucose sont favorisés.

Inverser le système nerveux c’est déjà sortir de la performance et de la réaction immédiate : RALENTIR. Très souvent, la réaction de stress est due à une image détériorée de soi : je ne suis pas performant, je suis nulle. Quelque soit la situation : au travail ou même à la maison. Il s’agit d’un acte conscient inconscient. En effet, le plus souvent est sous-jacente l’image de SOI et notre EGO joue un rôle. Il est difficile de se dire que les causes sont tout aussi bien externes qu’internes et que se soigner du stress c’est savoir prendre de la distance. de la distance avec l’image qu’on renvoie (et finalement l’envie qu’on a d’être aimé par le plus de monde possible) et de la distance avec les pseudo obligations de la société. On réfléchira à notre aliénation au travail. Est bonne la personne qui est performante. Mais performante par rapport à quoi ? J’ai une tendresse pour Hannah Arendt qui a beaucoup écrit sur cela. Sans avoir des accents de révolutionnaire le premier pas à réaliser par rapport au stress c’est se distancier de l’image au travail. Ne pas céder au diktat de la société où travailler moins que les autres (mais qu’est ce que cela veut dire) vous donne l’image d’un « branleur ».

Cette image de soi, le yoga la revalorise. Non pas pour conforter notre EGO mais bien au contraire pour ramener de la distance et pour découvrir ou re-découvrir ce qui est essentiel. Cet essentiel passe par la respiration qui va soutenir le système nerveux parasympathique. Et l’une des réponses instantanée à donner au stress c’est de respirer. Une respiration complète, large et qui redonne de l’espace au corps qui ne pousse pas à la fuite. Le massage du diaphragme permet aux organes inférieures de ne pas répondre aux sollicitations de la fuite en avant, de même que la respiration en conscience évite de passer en pilote automatique et de laisser le système nerveux sympathique de prendre le pas.

Les postures de yoga sont aussi un moyen de laisser de l’espace avec le stress : la concentration mise dans les postures, en yoga dynamiques ou pas, permet le lâcher prise. Ce n’est pas facile et souvent il faut rappeler ce mental fluctuant, le recentrer. Mais le yoga est une attitude de tous les jours et pas uniquement l’heure passée de façon hebdomadaire sur son tapis. Il faut vouloir, il faut aller chercher cette volonté.

Le yoga restoratif visera à ne prendre que 3 postures en une heure et d’être dans le lâcher prise complet.

Le yin yoga mettra en place un peu plus de postures classiques et on recherchera le lâcher total des muscles, des articulations ainsi que des fascias. Rien ne bouge excepté lors de la respiration. Cela joue aussi avec la notion de performance. Le yin yoga ne demande pas d’être souple mais d’accepter de lâcher là où le corps s’arrête.

Le yoga dynamique permettra d’activer dans un premier temps le système nerveux sympathique pour le relâcher ensuite dans les postures de transit vers savasana et savasana lui-même.

Il y a des asanas qu’on dira spécifiques au relâchement et à l’inversion du système nerveux : les inversions. Des plus simples au plus compliqués. Viparita karani est excellent : les jambes allongées contre le mur, les fessiers contre le mur ou si c »est douloureux pour le dos un peu plus éloignés, le dos bien au sol, la tête dans l’alignement de la colonne vertébrale, les bras écartés. Les bras écartés le plus possible tout en conservant l’aisance pour laisser de l’espace à la poitrine, pour ne pas comprimer.

Si vous cherchez plus loin, les postures sur la tête. SAUF que cela doit être maitrisé, vraiment. Aller voir une planche anatomique du cou et du passage des aortes et nerfs. Vous serez surpris : donc pas de bêtises.

Lutter contre le stress c’est chercher à se faire du bien, et pas essayer de coller à l’idée de performance lors de sa pratique. C’est vous avec vous et non pas vous avec un public.

 

Bon courage !