Stress, système nerveux et yoga : un peu de science

Avec le yoga, j’ai découvert l’anatomie et c’est passionnant ! C’est une clé de compréhension de son propre corps et cela permet de décrypter en partie ses messages.

Souvent on entend dire que le yoga aide à lutter contre le stress et l’anxiété, que cela en diminue le niveau. On parle aussi beaucoup de la différence entre yin et yang, entre yoga restoratif et yoga dynamique.

Mais au fait, comment ça marche ?

Centre de commande, de régulation et de coordination, le système nerveux nous permet de ressentir et de percevoir ce qui nous entoure, de nous adapter à notre milieu et d’interagir avec lui.

Il contient des milliards de cellules nerveuses interconnectées, les neurones.

Le système nerveux comporte 2 divisions physiques : le système nerveux central (encéphale et moelle épinière) et le système nerveux périphérique (les ramifications nerveuses dans tout le corps).

On parle aussi de système nerveux autonome, SNA (appelé aussi auparavant système nerveux végétatif).

Une grande partie de l’activité du SNA se déroule sous le seuil de conscience (Les états modifiés de conscience). Le SNA est le pilote automatique du corps.

En effet, il régule et maintient des conditions internes du corps (températures, taux de substances chimiques) et stimule la contraction de certains muscles et la libération de certaines substances par les glandes. Et il régule des processus physiologiques comme les battements du cœur , la respiration, la digestion ou l’excrétion.

Tiens ! on commence à comprendre le lien entre stress et le cœur qui bat fort, souffle court, estomac noué et constipation.

Mais pourquoi ? Face à une émotion forte (comme la peur) c’est le SNA qui traduit l’émotion dans le corps, pas le cerveau. Il faut un temps et un effort mental pour que le cerveau reprenne la maîtrise consciente du corps.

Allons plus loin : le fonctionnement du stress

Le SNA se divise en deux : le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique.

Le système nerveux sympathique a des effets stimulateurs sur les différents tissus et organes.

Lorsqu’il s’active, via l’hypothalamus et l’adrénaline, la tension artérielle et la fréquence cardiaque augmentent et la respiration s’amplifie pour mieux alimenter le cerveau et les muscles en oxygène et en nutriments. Le cœur se prépare à une situation stressante : c’est ce qu’on appelle la réaction de lutte ou de fuite, le cerveau reptilien. C’était le mode de vie de nos ancêtres, les hommes préhistoriques.Quand la situation de stress aigu diminue en intensité, l’hippocampe agit sur l’hypothalamus et freine la production de cortisol

Ainsi quand notre système nerveux sympathique se met en action, pour protéger le cœur, va inhiber d’autres organes : l’écoulement des larmes, la production de salive (j’ai la gorge sèche et nouée), le péristaltisme (les contractions de l’intestin), la sécrétion des enzymes digestives, la production d’urine, le transit. Il aura aussi une action constrictive sur les vaisseaux sanguins et va déclencher la libération de glucose puis du cortisol.

Or, ce déversement d’hormones dans l’organisme n’est pas sans conséquence pour le cerveau : certaines fonctions cognitives sont modifiées. Un peu de stress favorise la mémorisation, tient éveillé, favorise la performance par stimulation hormonale.

Or, les effets bénéfiques en situation de stress aigu, deviennent néfastes lorsque le stress devient chronique. En effet, le cortisol est responsable d’une augmentation de la dégradation des protéines, l’organisme qui a épuisé ses réserves de sucres et de lipides, attaque ses propres structures. Cette production de composants énergétiques se traduit par :

  • une augmentation du glucose, des triglycérides et du cholestérol sanguin, à l’origine de maladies cardiovasculaires ;
  • un effet sur les capacités immunitaires.

En situation de stress chronique, l’hippocampe perd sa capacité à freiner l’hypothalamus. Le cortisol reste élevé, il manifeste alors son pouvoir anxiogène et dépresseur et entraîne une dégradation de la mémoire et des capacités d’apprentissage.

Inverser le système nerveux

Alors du coup, souvent on entend dire, et moi la première, qu’il faut inverser le système nerveux, agir sur le système nerveux parasympathique. Celui-ci en effet, contrebalance la stimulation sympathique en réduisant l’activité concernée, elle a un effet calmant. L’hippocampe freine la suractivité de l’hypothalamus. L’écoulement des larmes, la digestion, la libération d’insuline, la sécrétion de salive, le transit et le stockage de glucose sont favorisés.

Inverser le système nerveux c’est déjà sortir de la performance et de la réaction immédiate : RALENTIR. Très souvent, la réaction de stress est due à une image détériorée de soi : je ne suis pas performant, je suis nulle. Quelque soit la situation : au travail ou même à la maison. Il s’agit d’un acte conscient inconscient. En effet, le plus souvent est sous-jacente l’image de SOI et notre EGO joue un rôle. Il est difficile de se dire que les causes sont tout aussi bien externes qu’internes et que se soigner du stress c’est savoir prendre de la distance. de la distance avec l’image qu’on renvoie (et finalement l’envie qu’on a d’être aimé par le plus de monde possible) et de la distance avec les pseudo obligations de la société. On réfléchira à notre aliénation au travail. Est bonne la personne qui est performante. Mais performante par rapport à quoi ? J’ai une tendresse pour Hannah Arendt qui a beaucoup écrit sur cela. Sans avoir des accents de révolutionnaire le premier pas à réaliser par rapport au stress c’est se distancier de l’image au travail. Ne pas céder au diktat de la société où travailler moins que les autres (mais qu’est ce que cela veut dire) vous donne l’image d’un « branleur ».

Cette image de soi, le yoga la revalorise. Non pas pour conforter notre EGO mais bien au contraire pour ramener de la distance et pour découvrir ou re-découvrir ce qui est essentiel. Cet essentiel passe par la respiration qui va soutenir le système nerveux parasympathique. Et l’une des réponses instantanée à donner au stress c’est de respirer. Une respiration complète, large et qui redonne de l’espace au corps qui ne pousse pas à la fuite. Le massage du diaphragme permet aux organes inférieures de ne pas répondre aux sollicitations de la fuite en avant, de même que la respiration en conscience évite de passer en pilote automatique et de laisser le système nerveux sympathique de prendre le pas.

Les postures de yoga sont aussi un moyen de laisser de l’espace avec le stress : la concentration mise dans les postures, en yoga dynamiques ou pas, permet le lâcher prise. Ce n’est pas facile et souvent il faut rappeler ce mental fluctuant, le recentrer. Mais le yoga est une attitude de tous les jours et pas uniquement l’heure passée de façon hebdomadaire sur son tapis. Il faut vouloir, il faut aller chercher cette volonté.

Le yoga restoratif visera à ne prendre que 3 postures en une heure et d’être dans le lâcher prise complet.

Le yin yoga mettra en place un peu plus de postures classiques et on recherchera le lâcher total des muscles, des articulations ainsi que des fascias. Rien ne bouge excepté lors de la respiration. Cela joue aussi avec la notion de performance. Le yin yoga ne demande pas d’être souple mais d’accepter de lâcher là où le corps s’arrête.

Le yoga dynamique permettra d’activer dans un premier temps le système nerveux sympathique pour le relâcher ensuite dans les postures de transit vers savasana et savasana lui-même.

Il y a des asanas qu’on dira spécifiques au relâchement et à l’inversion du système nerveux : les inversions. Des plus simples au plus compliqués. Viparita karani est excellent : les jambes allongées contre le mur, les fessiers contre le mur ou si c »est douloureux pour le dos un peu plus éloignés, le dos bien au sol, la tête dans l’alignement de la colonne vertébrale, les bras écartés. Les bras écartés le plus possible tout en conservant l’aisance pour laisser de l’espace à la poitrine, pour ne pas comprimer.

Si vous cherchez plus loin, les postures sur la tête. SAUF que cela doit être maitrisé, vraiment. Aller voir une planche anatomique du cou et du passage des aortes et nerfs. Vous serez surpris : donc pas de bêtises.

Lutter contre le stress c’est chercher à se faire du bien, et pas essayer de coller à l’idée de performance lors de sa pratique. C’est vous avec vous et non pas vous avec un public.

Bon courage !

3 commentaires sur « Stress, système nerveux et yoga : un peu de science »

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