Les koshas : nos enveloppes

Je rebondis sur un article de Mathieu paru dans le n°119 d’Infos Yoga sur le yoga nidra. Il dit entre autre qu’en yoga nidra, nous avons la capacité à ne plus nous identifier à notre corps physique. L’idée est difficile à admettre car depuis tout petit nous nous identifions à notre corps physique : je suis gros, je suis petit. C’est une fausse identification qui brouille les cartes de la connaissance du Soi. Le yoga nidra est un des moyens de dépasser cette identification. De plus, ou en plus, il utilise toutes nos enveloppes pour parvenir à notre conscience lumineuse, notre Soi profond , immobile et permanent, turyia.

Mais qu’est ce que les koshas ?

La Taittirya Upanishad traite des gaines du soi. Je suis frappée de voir que différents élements de la philosophie du yoga repose sur la quinternité. D’ailleurs dans cette Upanishad, il est dit « C’est par les quinternités du microcosme que l’on s’unit aux quinternités du macrocosme. » Je vous incite à vous reporter à l’excellent ouvrage de Martine Buttex « 108 Upanishad« .

Annamaya kosha est la gaine physique de nourriture, le corps grossier. Il procède d’Atman . Il est constitué de cinq substances (tanmâtra : son, contact, vision, goût, odeur), de cinq éléments (mahâbhûta : éther, air, feu, eau, terre), de trois humeurs (dosha : mucosité, air, bile), de six fluides (dhâtu : chyle, sang, chair, graisse, moelle, semen). C’est par ce corps qu’existe le monde manifesté.

Pranamaya kosha est la gaine de l’énergie vitale. Elle est constituée de cinq prâna (prâna, l’inspir, pour la vie, vyâna, la rtéention, pour la circulation sanguine, samâna sur l’assimilation de la nourriture, apâna, l’expir, pour l’élimination, udâna pour le développement spirituel), cinq prâna mineurs (nâga pour les vomissements, juma pour le sommeil, krikara pour la faim, devadatta pour le bâillement, dhananiaya pour la nutrition), de cinq organes d’action (karmendriya : langue, mains, pieds, organes d’excrétion, organes de reproduction).

Manomaya kosha est la gaine mentale. Il est constitué de cinq organes des sens, jñânindriya : ouïe, toucher, vue, goût, odorat.

Vijnanamaya kosha est la gaine de l’intellect. Elle est constitués des cinq organes des sens, (jñânindriya : ouïe, toucher, vue, goût, odorat).

Anandamaya kosha est la gaine spirituelle de félicité ou de béatitude.

 

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Et après ?

L’approche des koshas permet d’approfondir la connaissance de soi et de dépasser la dualité corps / esprit introduite par la philosophie de Descartes.

D’abord, se connaître c’est aller au-delà de sa simple apparence physique. Les koshas deviennent des clés de compréhension, interdépendantes, de soi. De soi, en tant qu’enveloppe physique et en tant qu’âme / esprit / conscience.

On est fait de plein de choses !

On utilisera ces 5 enveloppes pour s’approcher, travailler et se comprendre. A moins d’être un être éveillé, je pense que ces 5 koshas sont des outils de connaissance. En yoga nidra, ils seront « travaillés » pour arriver à turyia.

La connaissance de son corps physique permet de se soigner, de se sentir mieux. En yoga, on demande toujours de sentir son corps, tout son corps, d’une extrémité à une autre et de s’ancrer avec les pieds.

Le prana permet de calmer son système nerveux et de se poser. Il est musique intérieure, support de méditation, source d’espace. Quand le macrocosome s’installe dans le microcosme de son corps … Faire circuler le prana permet, progressivement, une connexion de l’intérieur vers l’extérieur, un mouvement du défini vers l’infini.

Le mental est l’un des systèmes les plus difficiles à dompter. Il est l’objet du yoga car c’est par sa « maîtrise » (mais le terme est maladroit) que nous faisons cesser les fausses identifications. Le yoga nidra permet de s’apercevoir que le mental composé en partie de citta, n’est pas la conscience. En yoga nidra on fait face, en toute sécurité, à citta, ce qui permet d’accéder au corps de sagesse, vijnanamaya kosha.

Sally Kempton, écrivain américaine et spécialiste du Vedanta, indique que le corps de sagesse, à son niveau le plus subtil, s’exprime simplement par la conscience, la partie de nous-même qui observe objectivement. Nous devenons Témoin. Elle décrit également le corps de félicité comme la part la plus secrète de nous-même. Sa présence subtile nous fait ressentir instinctivement que la vie vaut d’être vécue, que nous sommes nés bienheureux. Le corps de félicité est la couche la plus profonde de notre être, notre Soi. Le contact avec le corps de félicité se développe en pratiquant, tout particulièrement la répétition d’un mantra, la méditation, qui enseignent à l’esprit à dépasser maya, le voile. En contact avec son corps de félicité, on est joyeux, heureux et libre. On est dans le contentement.

On peut être dans tous ces corps. On le sait et on le sent. Comme on sait et comme on sent que nous n’y sommes pas. Évidemment la connaissance de ces corps et des ces enveloppes est un apprentissage d’une grande complexité et la pratique du yoga est un outil pour y parvenir. Cependant, comme je l’ai déjà écrit, le  yoga n’est pas qu’exercices physiques, il est d’abord et avant tout une recherche de l’état de conscience pure, le vrai Soi.

 

 

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2 commentaires sur « Les koshas : nos enveloppes »

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