Etude des Yoga Sutra : I-35 la relation au monde sensible

I-35 Vishayavati va pravrittir utpanna manasah sthitinibandhini – La stabilité du mental peut aussi venir de son activité en relation avec le monde sensible

Comment construire une stabilité du mental ? Patanjali énumère dans les sutra I-32 à I-39, les différentes façons permettant yoga. C’est bien ici des « trucs » pratiques qui nous sont donnés.

La contemplation du monde sensible, c’est-à-dire d’un objet du monde sensible, permet la perception directe de son essence même. Cela permet de mieux comprendre les phénomènes naturels (prakriti) et la nature de purusha : notre regard se pose sur prakriti pour faire émerger purusha.

Cette absorption dans une connaissance sensorielle superphysique peut être amener par la concentration sur différents centres vitaux du corps. Ici, c’est l’expérimentation dans le temps par les yogi qui nous permet de déterminer quels sont les endroits du corps qui sont les portes d’entrée les plus importantes (dans le sens où elles concentrent le plus de potentialité énergétique).

C’est ainsi qu’on a découvert les potentialités du bout du nez, du bout de la langue, du voile du palais, du milieu de la langue et du fond de la langue. Avec la pratique, on peut éveiller les sens de l’odorat, du goût, de la forme, du toucher et du son. Vyasa explique dans ses commentaires comment l’éveil des ces « pouvoirs » ancre le mental, nous permettant de ressentir une grande paix mentale et de développer notre propre éveil spirituel. Et c’est l’expérimentation directe qui va permettre de lever les doutes. Le fait de se relier au monde sensible surtout intérieur (ce que ne dit pas précisément la traduction que je vous propose, traduction de F. Mazet) par la contemplation de celui-ci permet de purifier notre espace intérieur et de pacifier le mental.

Cependant, il est aussi tout à fait possible de s’absorber dans des éléments extérieurs listés par Vyasa : la lune, le soleil, les planètes, les pierres ou une flamme.

Réfléchissons un instant par rapport aux pratiques que nous effectuons nous même : je pense aux drishti, ces points de focalisation sur un doigt ou le nez, les chakras, tatraka (les yeux posés sur une flamme), ou encore les méditations utilisant l’absorption dans la lune ou le soleil.

Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que je ne fais pas de drishtis lors de ma pratique d’asanas car ceux ci sont trop contraignants pour notre cou (cou qui porte beaucoup de choses depuis que nous travaillons sur des écrans). Par contre, dans mes méditations et dans mes yoga nidra, ces supports du monde sensible mes sont extrêmement utiles.

J’embrasse peu de « traditions » de yoga sauf en yoga nidra, où je suis la lignée de Maîtres de l’Himalaya (Swami Rama) grâce à Rod Stryker. Dan,s cette lignée on donne beaucoup d’importance au voile du palais et à ce qui se trouve à proximité. C’est l’endroit qui permet de faire émerger la forme. Il est plus facile de se focaliser sur une forme pour faire émerger les qualités subtiles qu’elle contient et auxquelles elle est associée.

Le voile du palais est juste sous le cerveau, à proximité du tronc cérébral , du système limbique, de la glande pituitaire, et de l’hypothalamus. C’est la place d’ajna chakra. C’est ce qui régit notre corps, la respiration et le rythme cardiaque ainsi que la régulation de nos besoins primaires et du stress. En terme yogique nos émotions, nos besoins primaires s’appellent des samskaras et des vasanas et dans notre vie quotidienne, nos expériences sont teintées de ces samskaras et vasanas. Le fait de lever le voile sur cet espace que l’on va dire « sombre » va conduire à l’illuminer, lumière intrinsèquement liée à la joie intérieure, au calme, à cette paix immense. C’est cela qui conduit à samadhi.

Vous êtes vous déjà concentré sur ajna chakra ? N’avez vous jamais fait émerger des formes ? N’avez vous pas été ébloui par une lumière ?

J’aurai tendance à dire qu’il s’agit aussi d’un tout : plus vous respirez profondément, vous êtes immobile, stable physiquement, plus vous pourrez vous concerner sur cet endroit du corps et « travailler » dessus. Par exemple, en méditation, ce sera de respirer entre le bout du nez et le voile du palais, de voir une zone calme comme un lac illuminé par la pleine lune.

Pandit Rajmani Tigunait, de l’Himalayan Institute, propose cette respiration appelée Kapala-bhedi, qui n’est pas kappalabathi.

On inspire et expire comme en ujjayi avec la restriction de la glotte mais en silence. On inspire en faisant montant mentalement le souffle du voile du palais jusqu’au sommet de la tête. Rétention, la plus confortable possible et on expire en visualisant le souffle qui redescend. Le temps de rétention c’est le temps de méditation sur la luminosité qui remplit l’espace entre le voile du palais et le sommet du crâne.

Comment vous sentez vous ? Vous êtes entré en contact avec votre monde sensible intérieur.

Pour moi, je me sens toujours plus calme !

2 réflexions au sujet de « Etude des Yoga Sutra : I-35 la relation au monde sensible »

  1. O‌h quelle joie de te lire en ce dimanche matin
    ce travail du souffle je l’expérimente en yin  je vais m’attarder consciemment sur mon palais  spontanément j’ai tendance à me focaliser sur ma pinéale
    effectivement ces pratiques me procurent un grand calme un détachement de résultats et finalement juste entrer et observer mes sensations 
    Merci bonne journée
    NAMASTE 

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour et d’abord mille mercis ! Le travail du souffle peut s’effectuer toit le temps. Même en vinyasa. L’intention, focalisation, concentration permet élargissement de l’espace et stabilité du mental. On se laisse tellement happer ( moi la première) qu’on oublie que nous disposons de ce merveilleux outil. très belle journée !

      J’aime

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