J’ai lu « YOGA une Histoire Monde »

J’ai lu « Yoga une histoire-monde » de Marie Kock. Achetez-le ou empruntez-le à la bibliothèque ! C’est un excellent documentaire sociologique sur le yoga et également un bon support de réflexion sur notre rapport au yoga. Il y a quelques semaines, je m’interrogeais (ici) sur ma propre façon d’être en lien avec le yoga : entre modernité et tradition …

Je ne vais pas vous décrire par le menu la passionnante enquête de Marie Kock. D’une lecture facile, j’ai avalé le livre en 3 jours dans les transports en commun. Toujours est-il que je comprends mieux certaines de mes réactions après lecture. En effet, parfois je en saisis pas la connexion entre la pratique assidue d’asanas aux contorsions alambiquées et l’union entre mental et corps, ou la recherche de son Soi véritable ou de cette quiétude tant vantée partout.

Les Indiens pratiquaient-ils ce type d’asanas il y a 1000 ans ? Le Hatha Yoga Pradipika en décrit une quinzaine. Les Yogas sutras de Patanjali, une seule. On trouve aujourd’hui en vente des bibles du yoga recensant jusqu’à 3000 postures. Alors ?

Alors, Krishnamacharya pour relancer le yoga, de moins en moins pratiqué même en Inde, a mis l’accent sur les postures. Krishnamacharya était un grand érudit de la philosophie du yoga. Et son idée, esquissée à son époque, et ensuite amplifiée a bien fonctionné. Le yoga actuel est reparti des Etats-Unis, en marge du mouvement hippie. Ce qui m’interpelle beaucoup c’est la façon dont est décrit parfois le yoga postural : il ressemble beaucoup à la gymnastique suédoise, la relaxation à la sophrologie et le yoga nidra à l’hypnose. On ne peut nier les parentés. Le yoga a vécu une renaissance pendant que l’Inde était une colonie britannique, Caceydo le père de la sophrologie a longtemps côtoyé Sri Aurobindo et sa relaxation dynamique de 1er niveau est directement inspiré du yoga. Quant au yoga nidra, je vous propose de lire les articles suivants Qu’est ce que le yoga nidra ?, SANKALPA : le pouvoir de l’intention, La posture de Savasana, Yoga nidra et méditation, Les états modifiés de conscience, On ressent quoi en yoga nidra ?. Ils vous permettront de comprendre que le yoga nidra n’est pas de l’hypnose bien qu’il en partage certains aspects, ni une simple relaxation (comme je l’entends tellement).

Avec la lecture, je me suis dite que finalement c’était presque de l’escroquerie de  se revendiquer d’une filiation avec le yoga indien. Oui mais .. après tout, depuis des millénaires, le yoga a évolué, changé tout comme la philosophie du yoga. Au final, ce qui compte c’est notre propre approche du yoga. Il n’y en a pas de meilleure que d’autre. Elles sont différentes. Mais pour cela il faut vivre dans un espace pacifié avec son ego et admettre que mon yoga bien que différent de mon voisin n’en est pas moins aussi profond. Je m’explique : je pense souvent que mon yoga est moins bien que d’autres. Je me sens « inférieure » en connaissances sur la profondeur philosophique (c’est à dire sur l’application des textes, les « vrais »). Le livre de Marie Kock est donc arrivé à point nommé. Chacun de ceux qui sont en conscience impliqué dans le yoga développe un yoga différent de celui qui existait auparavant. Pour être honnête, d’ailleurs, en réalité je n’en rêve point. Les femmes sont quasi inexistantes dans la lignée des grands auteurs indiens; je n’arrive pas à me trouver une vraie connexion avec un dieu indien, même s’ils sont pour la plupart sympathiques car tellement humains, à l’image des dieux grecs et romains; je ne me vois absolument pas vivre en ermite et arriver au samadhi ultime.

Par contre, ce yoga mâtiné à l’occidentale (Marie Kock, en parle très bien) nous va bien car il correspond à nos mentalités et aux sociétés dans lesquelles nous vivons. Cependant, soyons prudents afin de ne point tomber dans un consumérisme excessif, celui que nous rencontrons actuellement : les multiples stages à l’étranger sans tenir compte de l’impact environnemental (cf mon article Yogi ou pas yogi ?), les cours complétement loufoques (yoga de la chèvre), ou purement fitness .

Le succès du yoga dans le monde par contre doit interpeller : pourquoi tant de monde se met à pratiquer le yoga ? La méditation ? Nous sommes dans une forte période de transition (configuration de la planète Mercure, ère de kaliyuga ..) ou tout simplement réchauffement climatique, explosion économique, aberration d’un monde qui continue de courir une course sans fin. Vers quoi ?

Alors chacun sa recette. Pour moi c’est le yoga. Pour mon développement personnel, parce que j’y rencontre des gens sincères et beaux, parce que cela me fait du bien, parce que je perds ces peaux que la société m’a faites endosser.

Alors c’est l’été, n’oubliez pas votre livre .. et partez dans vos propres réflexions … c’est du YOGA !

 

Shanti, shanti, shanti

 

 

 

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Poème …

Au dessus de ma tête
Derrière les feuilles encore vertes
Les nuages poursuivent intemporels
Leur danse éternelle.

Le souffle de l’air caresse mon corps
Le bleu du ciel m’absorbe plus encore
L’horizon sans fin, aérien
Vibre d’une douceur hors du commun.

L’impermanence est là
Les désirs se sont éloignés
Pour dans mon ne laisser que félicité
Et une profonde et heureuse joie.

Chaque jour est un renouveau
Une transition vers plus haut
Plus beau
Il faut simplement accepter
Pour sur son chemin continuer de progresser. …

La lumière en yoga

Souvent je me dis que j’ai une chance folle : celle de rencontrer les plus belles personnes de la planète !

Hier j’étais à Asana Yoga Studio à Marseille parmi les futurs profs de yoga pour écouter Anne Nuotio (cf ma page les Gens que j’aime) parler des yoga sutras de Patanjali et les chanter.

J’adore ça, ne serait ce que pour les vibrations procurées : un plaisir dans tous les sens du terme

Et nous avons parlé de ce que représente les sutra 1 et 3

Haha yoga anusasanam

Tada drasthu svarupe vastanam .

Avec les jours et les mois passant, j’ose dire ce que je ressens sens avoir l’impression de la ramener ou encore peur de l’exprimer sans avoir l’air d’être mytho.

Je le dis tout de suite : je ne suis pas un être éveillé au sens du samadhi ni sattvique à 100 %.

Mais au fur et à mesure de ma progression sur mon chemin sans fin (et en même temps paisible sans peur de cette infini), j’expérimente. La lumière et l’unité. Je me donne certains moyens.

Le premier c’est de lâcher prise : sur le corps et sur certaines de mes idées/ opinions /connaissances. Le lâcher prise du corps est le plus facile au fil des ans (oui je parle en année : c’est au bout de 4 ans de pratique que j’ai commencé à sentir mon corps. Pas l’enveloppe extérieure mais ce qu’il y a dedans .. et c’est pas fini ..). Yoga dynamique régulier, alignement, anatomie, stages de bodywork et aussi passages chez l’ostéopathe.

Ce lâcher prise se renforce avec l’abandon des idées. Attention la aussi ne lisez pas « plus d’idées » ! L’abandon 5 secondes, 1 minute, 5 ou 20 min des idées avec le yoga nidra. D’abord flirt avec les frontières d’un espace inimaginé et inimaginable. Des allers retours autour d’une frontière intangible et indicible.

Maintenant je peux dire ce que c’est. C’est un espace sans limite. Pour moi il est blanc. C’est un lieu qui n’est pas lieu. Un lieu sans couleur sans forme où on est sans y être physiquement. Pas d’image ni de son. Pas d’émotion ni de sentiment. Pas seule ni avec d’autres. Un tout sans rien. Un espace vide et plein. En analysant on pourrait dire un lieu oû on est bien mais en fait on ne sent rien. Un lieu de pure félicité mais en fait on ne sent rien. On EST. Le temps n’est plus non plus.

Pour moi c’est le sentiment d’unité.

Je suis loin, très loin, de vivre ce moment constamment et à chaque fois par exemple où je suis un yoga nidra. Cela arrive quand je ne m’y attends pas, pensant de façon préconçue que je vais vivre tel nidra de telle façon.

Et la lumière ?

D’abord elle a été éclatante. Pas la lumière du soleil pour autant. C’est celle que tout le monde vit avec le yoga. C’est celle de la clairvoyance ou clarté mentale qui arrive dans la pratique de chacun. Certains vous diront que c’est l’ouverture de votre troisième oeil, Ajna.

Rod Stryker vous dira que c’est un début magnifique .. mais que c’est un début. Ce n’est pas le samadhi ! Ne vous y trompez pas ! Tapas, vayragya, abhyasa, ekagrata et puis les yama, nyama, la connaissance intime avec les gunas, leur action sur vos koalas, vos samskaras … et j’en oublie, font partie du chemin de progression.

C’est énorme. Si votre souhait est d’arriver au samadhi, alors arrêtez de lire cet article. Vous serez déçu et découragé.

Il ne s’agit pas de remplacer la quête du bonheur tant recherché dans notre société par celle du samadhi. Je ne sais pas si vous trouverez votre compte avec cette unité et cette lumière sans lumière.

Pour ma part, je ne cherche pas le bonheur. C’est un concept qui n’a pas de réalité. Je partage en cela la philosophie de Spinoza. Je ne cherche pas à connaître mon avenir. Car il est et je ne peux pas les changer. À défaut d’être un être éveillé, j’accepte de mieux en mieux tout ce qui m’arrive. C’est comme ça. Fatalisme ? Peut être mais surtout acceptation de l’impermanence. Cette acceptation n’est pas complète : je me mets en colère, j’ai des émotions fortes, parfois j’ai la trouille, je suis anxieuse ou stressée. Mais c’est justement en reconnaissant honnêtement tout ça que j’ai le plus progresser. Et ça c’est la LUMIERE DU YOGA.

Jaya jaya Shiva Shambo ! 🌟🌟🌟

L’impermanence et l’Univers

L’impermanence et l’Univers

Avez vous regardé le ciel aujourd’hui ? Le soleil s’est couché, l’air devient plus léger et moins chaud. Quelques grillons ont remplacé les cigales … les étoiles vont bientôt venir s’accrocher dans notre ciel. Les aiguilles du pin, sombres, bougent délicatement. Ce ciel est le même immuable depuis que la Terre est Terre, depuis que notre Univers est Univers.
A notre échelle humaine, chaque épisode de notre vie est vécu de façon chaotique. Mais la fin d’une chose n’est pas si grave. Certes il faut l’assimiler et ce n’est pas simple. Notre confort est mis en danger .. La vie n’est pas permanente. Elle est faite des mouvements de la flamme d’une bougie dans le vent. Parfois cela fait mal, on est triste ou en colère ou tout ensemble. Mais on peut décider d’accepter cette impermanence et regarder le ciel. Voir les profondeurs de l’univers et rester ouvert. C’est dans ces phases de transition, de mort et de renaissance que les qualités d’attention et d’écoute prennent tout leur sens. Et là ce soir l’univers tout entier m’est offert. Calme. Et finalement tout est dit. La vie est là, c’est ça simplement.

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Réflexions sur le non attachement : vayragya, aparigraha, bhagavad gita

Mis en avant

Je ne sais pas pour vous. Mais pour moi, ce qui est terrible au  fur et à mesure que j’avance, j’ai une conscience de plus en plus aiguë de mes attachements. Ça me rendrait presque dingue car je me fais systématiquement une psychanalyse quand je m’en aperçois.

Je rigole par avance parce que j’en connais certains dans mon entourage qui me diront que je me prends la tête ou qui moqueront ces choses spirituelles qui envahissent ma vie depuis que je fais du yoga !

Nos attachements sont de plusieurs ordres mais d’abord affectifs : la famille, les amis. Il y a aussi l’attachement aux choses et au confort matériel qu’elles apportent. Les attachements sont aussi attacher à notre conception de la société, à notre vision de cette-ci, à l’image de nous même dans cette société. Elle est liée aux désirs : désir de bien faire (l’attachement à la notion de perfection pour certains), désir de paraitre (l’attachement à son apparence physique), désir d’apparaître (par exemple faire des postures de folie en yoga).

Si les attachements nous permettent de vivre des moments forts (la naissance de ses enfants) de joie profonde, ils peuvent aussi conduire à des moments de peine (la perte d’un être cher), de mise en danger de soi même (l’attachement aux sensations fortes qui peuvent conduire à un accident), d’entêtement ou de surconsommation (l(attachement aux biens matériels). L’attachement c’est un peu comme le sucre : c’est doux, cela enivre le cerveau. Mais comme toutes choses dans la vie, l’attachement est confronté à l’impermanence.

En yoga, on trouve ces notions dans Vayragya, aparigraha  des yoga sutras de Patajanli. et aussi dans la Bhagavad Gita avec le karma yoga.

« Exécute toujours dans un esprit de détachement

les actes qu’il te faut accomplir car l’homme

qui agit en complet détachement atteint le Souverain Bien »

Bhagavad Gîtâ, III, 19

Vayragya est dérivé du mot RAGA (attraction qui se produit et provient du plaisir qu’on tire d’un objet). Vayragya, c’est donc l’absence de toute attraction vers les objets qui donnent du plaisir. Si l’on se penche sur cette notion de désir et de plaisir, il apparaît assez rapidement que ce sont deux mots dont la temporalité est fugace. Le désir est rapide, ne dure pas. Le plaisir non plus.

Aparigraha est un yama du yoga  (ahimsa satyasteya brahmacharyaparigraha yamah, YS, II-30). Ce terme veut dire absence d’avidité, absence du sens de possession. Il n’y a malheureusement pas de limite à notre désir de richesse et de biens matériels dont nous aimons nous entourer. On pourrait à travers ce yama réfléchir à notre rapport à l’accumulation de biens et plus largement à la surconsommation dont souffrent les sociétés occidentales. Avoir toujours plus. Cette accumulation crée tellement de déchets. On a nous même participer à la modélisation d’une société à l’obsolescence programmée. Obsolescence des objets, des quinquagénaires dans le monde du travail (je renvoie à la part des quinqua dans les chiffres du chômage : plus de 900 000 sur sur les 3,4 millions de demandeurs d’emplois inscrits en catégorie A au premier trimestre 2019).

 Pourquoi accumuler des biens matériels ? Accumuler des biens matériels, cela rassure, évite le vide. J’ai à la maison beaucoup de livres. Je ne les ai pas encore tous lu. Pour autant, je continue d’accumuler, pour le cas où … Mais quel cas où ? Je n’en sais rien. ou plutôt il n’y a pas de cas où. C’est là que l’on voie la limite de ce type d’accumulation. Attention, je ne parle pas des gens qui n’ont rien, qui sont dans la rue, qui vivent de façon précaire. Non je parle de ceux (et c’est une majorité, même si cela dérange) qui ont deux TV, plusieurs téléphones (ou qui en change dès qu’ils ont le nombre de points auprès de leur opérateur : le téléphone fonctionne toujours pourtant), plusieurs tapis de yoga (moi par exemple et je n’ai pas d’excuses), des kg et des kg de fringues (merci les enseignes à la mode dont le nombre de collection est effrayant – au moins 1 par quinzaine). Bien entendu, tout cela est alimenté par la publicité faisant naitre ce désir de consommer …. Il y a une souffrance de l’humain.

Il y a bien entendu aussi l’attachement émotionnel à une personne. Cet attachement peut être désir pour une personne pouvant conduire à des comportements irrationnels. Combien de personnes dépriment quand le ou la petit(e) ami(e) le (la) quitte ? Qui n’a jamais pensé qu’il avait fait quelque chose de mal ? Que sans lui, sans elle, il/elle ne valait pas grand chose.

Au delà de la question du couple, vient ensuite l’attachement à ses enfants, à tel point que l’on parle de « couper le cordon ». L’attachement à la famille, aux amis. L’attachement à un maître ou gourou, et les dérives sectaires possibles.

Il y a beaucoup de gens que j’aime. Je ne sais pas si l’on peut dire admirer. Pour moi « admirer » n’a pas de signification. Je mets de l’affect dans cette relation (attention, ce n’est pas forcément une connaissance physique, ce peut être un écrivain, un philosophe, un artiste). J’aime les gens. Bien sûr, je peux être déçue. Très, trop déçue. Avec le yoga, j’arrive progressivement à prendre de la distance et à me détacher. Mais en fait, je réalise que je ne suis pas attachée en tant que telle à la personne. Je suis attachée à l’idée que je m’en fais et à MES attentes vis à vis d’elle. Ce n’est pas la personne qui me déçoit. Ce sont mes attentes qui ne sont pas remplies. Tout le travail consiste alors à faire la lumière sur ces attentes, à savoir pourquoi elles sont là et à les éliminer. Le travail n’est pas simple. Il peut prendre aux tripes et faire mal, car c’est de soi à soi. Mais c’est un travail honnête. Honnête vis à vis de soi et vis à vis de l’autre. C’est un travail d’amour.

Cela m’est arrivée récemment. j’en ai pleuré. J’ai été en colère. Et puis, je me suis mise au claire avec moi-même. Ce n’était pas beau parce que j’avais réussi à « charger » la personne, à l’accuser mentalement de tous les maux, alors que le problème c’était moi. Et puis cette personne, qui a un pouvoir magique d’entrer en connexion avec les personnes, m’a donné beaucoup d’amour et alors la lumière a émergé : je me suis pardonnée et bien sûr tout a disparu. Par contre, cela m’a laissé perplexe très longtemps. Pour être honnête, cet article je l’ai commencé il y a deux mois. Preuve s’il en est que reconnaitre ce qui est sombre, tortueux et torturé en soi, ce n’est vraiment pas facile.

Autre exemple : je suis régulièrement énervée sur ce que je vois sur facebook ou instagram concernant le yoga : des enchainements débiles (pardon mais c’est plus fort que moi) de postures sous couvert d’ouvrir les chakras, des pseudos amitiés virtuelles sous couvert d’une communauté de pensées (mais quand même avons nous à ce point là besoin des réseaux sociaux pour penser/ressentir/exprimer ce que nous pensons / ressentons / exprimons ?) et autres … Cette réaction est la résultante à un attachement : celui de croire « savoir ». C’est mon égo qui est atteint et ma croyance de « détenir » un morceau de vérité. Ma vérité n’est pas celle des autres, et je ne suis pas plus forte que les autres. Alors, une solution simple pour cesser de souffrir : cesser de croire que je sais et accepter. Et subséquemment cesser de lire ces trucs !

Le non attachement est une démarche délibérée pour se défaire de l’attachement et de la souffrance personnelle au cours de laquelle, sans se sentir contraint par le devoir ni le rejeter, on est content d’aider tous les autres. Cela ne signifie pas qu’on se replie sur soi-même ou que l’on devienne un renonçant (un ermite, sannyasyn) mais cela implique que l’on accomplisse ses devoirs (un jour je l’écrirai cet article sur le dharma) sans encourir de dettes et sans susciter des attentes.

Je finirai avec la Bhagavad Gita. Avant d’entamer le combat, Arjuna est assailli de doutes. Il ne souhaite pas combattre contre les siens (je vous conseille en lecture de vacances le Mahabharata, je me suis régalée l’an dernier, lire cette critique complète bien écrite).

«Tu es commis à agir, mais non à jouir du fruit de tes actes. Ne prends jamais pour motif le fruit de ton action; n’aie pas d’attachement non plus pour le non-agir.»

Et là, tout est dit. Agir en pensant aux gains de l’action n’est pas une bonne chose. Machiavel et Le Prince prendront l’exact opposé, la fin justifie les moyens. « Quand on est au milieu de la société, dans des conflits, dans des combats, il y a un moment où l’action s’impose à nous, explique Marc Ballanfat. On ne peut pas choisir d’agir ou de ne pas agir, on est toujours dans l’agir. » L’essentiel est d’agir en renonçant à tout bénéfice personnel. Arjuna ne voulait pas agir. Mais son svadharma était d’être un guerrier et de faire la guerre sans penser aux conséquences. Certains s’engouffreront en disant par exemple qu’il faut faire la guerre sans penser aux victimes civils (par exemple la France qui fabrique des armes en disant qu’elles ne servent pas à faire la guerre et que cela emploie des milliers de personnes en France)… je n’irai pas jusque là. Cependant on peut adopter dans sa vie personnelle cette maxime d’agir sans en retirer des bénéfices, agir pour le bien d’une personne ou pour le bien commun. Cela signifie aussi de ne pas retirer une quelconque gloire, auréole ou idée égotique qu’on a fait le bien autour d soi ou que l’on a agit de façon désintéressée.

Alors réfléchissez, réfléchissons. Quand ai-je agi de façon à 100 % désintéressée sans même penser ensuite avoir agi de façon désintéressée et de se dire que c’était bien ? Honnêtement ? Je peux agir de faon désintéressée mais je crois bien que je me suis souvent dit que c’était bien d’avoir fait comme ça.

Alors, moralité ? J’ai du boulot !