J’ai essayé le yoga des hormones

Mis en avant

Changer, bousculer ses habitudes, oser faire quelque chose de différent … La vie est une succession de changements / bouleversements brutaux et j’aspire le weekend à rester dans mon cocon, à la maison.

Mais parfois, la vie nous fait signe d’agir différemment. Sur mon instagram jeudi dernier je vois l’annonce d’un atelier « Yoga des femmes, yoga des hormones » organisé au Studyo, à Marseille, le studio de Florence Cevaer. Je ne connais Florence que par le compte instagram de son studio et inversement. Et je me dis « Et si j’allais essayer ? ».

Essayer c’est se mettre un peu en danger : changer de studio, voir un autre enseignant, pratiquer avec d’autres personnes un yoga différent. Et au lieu de me faire peur, d’éveiller une crainte que je ressens parfois quand mes habitudes sont changées, j’ai sans réfléchir sauté sur l’occasion. Et je suis très contente de mon choix.

Cela fait déjà quelques temps que je me suis renseignée sur le yoga des hormones. 47 ans, avec une thyroïde qui a connu un fort dysfonctionnement (hypothyroïdie) il y a 3 ans. Heureusement pour moi, tout est rentré dans l’ordre après une prise en charge quasi sans médicament.

Le yoga des hormones a été imaginé par Dinah Rodriguez. C’est un yoga qui s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Mais rares sont les hommes qui prêtent attention à leurs hormones, tout comme à leur périnée d’ailleurs (cf Yoga et périnée)…. Il est vrai que leur périnée est moins abîmé que le nôtre et que leurs hormones font moins le yoyo que les nôtres.

Qu’est ce qu’une hormone ?

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Les hormones sont des substances chimiques  produites, stockées et distribuées par les glandes (ovaires, thyroïde, hypophyse et surrénales) et certains organes. Elles vont réguler notre organisme, le métabolisme, jouer un rôle sur la croissance et les fonctions sexuelles.

Pour en savoir plus, je vous incite à aller écouter ou lire le dossier écrit consacré aux hormones sur le site Podcast Science.  Il est très clair et très instructif !

Nos hormones féminines on le sait, si elles nous protègent, peuvent aussi rentrer dans une incroyable pagaille et nous faire vivre un enfer !

La série créée par Dinah Rodriguez stimule naturellement le travail de ces glandes et organes et la production des hormones. Cette méthode thérapeutique naturelle combine des postures dynamiques issues de Hatha Yoga et Kundalini Yoga et une technique de respiration intense (Bhastrika), associées à une visualisation de la circulation de l’énergie. Avec cette technique, adieu les symptômes de la ménopause ! Elle peut aussi favoriser les FIV et agir efficacement contre l’endométriose, à condition bien entendu de suivre la thérapie rigoureusement. Allez cliquer sur le site de Dinah Rodriguez pour vous faire une idée plus large de cette méthode.

La séance au Studyo

Quel plaisir de se laisser guider dans un très bel endroit lumineux et calme, baigné dans la douce bienveillance de Florence !

La séance n’est pas très difficile en soi : les postures sont facilement réalisables (janu sirsasana, ardha matsyendrasana, kapotasana, sarvangasana, matsyasana, ardha setu bandhasana). Là où cela se complique c’est lorsqu’il faut rajouter bastrikha !

Qu’est ce que bastrikha ? C’est un pranayama qu’on a traduit en français par soufflet de forge : d’ailleurs votre respiration fait le bruit d’un soufflet. Il induit un très fort travail de l’abdomen au niveau du nombril et des abdominaux, le lieu où règne agni, le feu digestif et intérieur. Bastrikha peut provoquer une hyper ventilation donc il s’agit de bien respecter l’équilibre entre inspir et expir. On inspire et on expire en contractant les abdos et en rentrant le ventre : en fait c’est la contraction de l’abdomen qui provoque l’expir et non pas l’inverse. Ce qui en fait un pranayama difficile. Cependant lorsqu’il est maîtrisé ses effets sont puissants : très vite vous sentez une forte chaleur envahir votre corps. Si vous avez un dosha kapha dominant ou avez une digestion difficile, bastrikha est très indiqué : il relance la digestion très vite. Si vous manquez d’énergie, une série en bastrikha va relancer votre machine.

Pour ma part, ayant débuté en yoga avec des postures tenus longtemps sur du bastrikha, mes retrouvailles avec ce pranayama ont été quasi immédiates ! Je ne raffole pas particulièrement de cette respiration car elle est engageante et exigeante. mais les effets sont indéniables : j’ai transpiré toute la nuit, mon corps est chaud (alors que je suis une frileuse) et j’avais tellement d’énergie que je me suis retrouvée en plein yoga nidra cette nuit. Pour autant je suis en pleine forme ce matin !

Les postures sont accompagnées en suite du bastrikha d’une visualisation poumon plein, langue en ketchari mudra, mula bandha, regard intérieur/ on relâche tout pour faire circuler l’énergie vers les glandes productrices d’hormones.

Florence nous a accompagné pendant tout cet atelier, prodiguant force conseils avec beaucoup de gentillesse et de douceur. La série a été pratiquée tranquillement afin de l’assimiler. Avant de réitérer 5 postures phares, nous avons fait une petite pause accompagné d’une tisane de sauge et de quelques fruits secs et surtout deux jolies relaxation au son des koshis. J’étais tellement détendue que je ne voulais même pas me lever !

Florence assure ce stage une fois par mois sauf en été. Le prochain aura lieu le 18 mai. On risque de s’y voir !

OM SHANTI !

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De la Gratitude à Virabhadrasana 2

Eh oui deuxième article sur la gratitude … c’est un sujet qui me tient à cœur.

En pleine cure ayurvédique de 3 jours, mon thérapeute me dit que je suis trop dure avec moi-même.

Dieu sait que j’ai parcouru un long chemin depuis le jour où j’ai mis un pied chez lui ! Mais il a raison… j’ai encore du travail, j’ai toujours des tensions importantes dans les mâchoires, les trapèzes et le cou et bonjour les migraines à répétition.

Alors voilà aujourd’hui je débute mes 100 jours gratitude. Pourquoi 100 ? Parce que c’est un chiffre important pour que les éléments de gratitude m’emplissent et inversent le chemin emprunté par mes petites neurones. Pourquoi gratitude ? Parce que je suis trop exigeante et d’abord envers moi même. Je dois devenir un guerrier pacifique, plus besoin d’avoir cette volonté inextinguible grande consommatrice d’énergie. Le guerrier fort doit laisser place à la sérénité et au flot paisible. Et je pense que la gratitude va m’aider en cela. En effet, avoir de la gratitude envers moi même cela signifie m’accepter telle que je suis et pas autrement, être ce que je suis et non pas ce que je pense. Avoir de la gratitude envers les autres, c’est encore plus faire confiance et m’abandonner.

J’aime beaucoup la respiration mise en avant par Guru Jagat dans son libre « Yoga Kundalini pour une vie invincible » : la respiration saine, heureuse et ancrée car elle célèbre la personne et lui donne de l’amour. C’est un acte magnifique de gratitude envers soi.

Il suffit au moment d’une rétention après inspiration de répéter mentalement trois fois, tel un mantra « je suis en bonne santé, je suis heureuse, je suis sacrée » (les hommes vous mettrez au masculin la phrase). Et de le répéter trois fois à voix haute à l’expiration et ce entre 3 et 11 min. Puis on restera silencieux quelques instants avant d’étirer les doigts entrecroisés vers le ciel à l’inspiration et de se détendre à l’expiration.

Si le yoga est un dépassement de l’égo, il est d’abord un cheminement vers son SOI profond. Celui-ci est souvent bien enfoui sous des couches et des couches de barrières sociales, de maya, ce voile d’illusion où tous nos samskaras viennent se coller. Il n’est pas question de tout remettre en question. Non, simplement de se donner de l’espace, de la respiration pour se caler uniquement dans le moment présent et ne plus laisser libre court à la vaste carte de nos émotions instantanées et à nos réactions tout aussi instantanées. Relâcher la pression. Faire un pas en arrière. Se respecter. Et contrairement à ce que j’entends dans la bouche d’amis ou collègues, agir ainsi n’est pas devenir flemmard, inefficace, peureux ou inactif. C’est encore moins tomber dans une secte (j’y ai droit quasi tous les jours). Non c’est juste s’aimer, rendre grâce à la vie qu’on nous a offerte et le vivre pleinement. Devenir ce guerrier pacifique serein qui avance.

L’asana du guerrier 2 illustre parfaitement ce guerrier pacifique en équilibre: l’avant du corps, comparable à l’Est évoque la force et le courage de conduire une armée au combat, l’arrière du corps à l’Ouest reflète le passé, la perte de Shiva, nos propres expériences  et ces événements qui font de nous ce que nous sommes. En élevant les bras de part et d’autre, vers l’est et vers l’ouest, nous cultivons le moment présent et éprouvons notre capacité à faire face à n’importe quel challenge. Virabhadrasana II est d’abord une posture intérieure plus que physique et extérieure. Elle est espace et enracinement, elle renforce et en même temps elle éveille une sentiment de grâce et d’ouverture. Elle invite à être en suspension à la fois dans l’espace mais aussi entre corps et esprit. Elle est équilibre. De fait Guerrier 2 nous invite à incarner l’expansion sans limite de l’esprit et à rester ouvert. C’est pourquoi elle est souvent citée pour travailler sur le sentiment de sécurité et de confiance car elle est en lien direct avec muladhara chakra (le chakra racine).

Alors jour 1 de la gratitude ?

Namaste