Yogi ou pas yogi ?

Les yoga sutras de Patanjali sont une des bases de la philosophie du yoga. En phrases courtes, Patanjali énonce ce qu’est le yoga, ses règles (les yamas et les nyamas), ses obstacles et les moyens pour atteindre le samadhi (l’Eveil).

Les yamas ont pour but de préparer le yogi à la discipline en Yoga. Ils relient la pratique du Yoga à la société dans laquelle nous vivons. Et le premier d’entre eux, AHIMSA, la non violence, m’interpelle beaucoup en ce moment.

Selon moi, c’est une règle clé et centrale de tout notre comportement. En effet, je epnse que la non violence est très difficile à mettre complètement en œuvre.

Il s’agit d’abord de non violence envers nous mêmes. Or, yogi ou pas yogi, en Occident, qui ne s’est jamais astreint à un régime alimentaire pour perdre du poids … alors que ce joli gâteau à la crème nous fait tant envie ? Qui dans un cours de yoga n’a jamais ressenti une douleur dans une inversion ou en chaturanga ?

Je suis parfois choquée de lire ou de voir des photos où le professeur a appuyé sur les cuisses d’une personne pour l' »aider » à réaliser un baddhakonasana parfait (la posture du papillon). On peut se poser la question d’une telle utilité au-delà même de la sécurité de l’élève. Cela rejoint ce que j’ai écrit en décembre dernier sur les postures avancées (Pourquoi faire des postures avancées ?)

Cette non violence envers nous même c’est aussi avoir la clairvoyance de reconnaitre que des relations peuvent être toxiques, que des situations sont trop stressantes. J’ai mis un temps dingue avant de reconnaitre que mon travail pouvait générer du stress. Ce stress, intérieur au départ, on ne le ressent pas vraiment jusqu’à ce qu’un jour il émerge : énervement, mal au ventre, boule au creux de la gorge, migraine, mal de dos… et j’en passe. Jusqu’au burn out, malheureusement…

Certains événements dans une vie, autre que de se mettre au yoga, nous relie à la réalité de certaines situations. un décès ou un accident grave vous reconnectent à la réalité : nous n’avons qu’une vie. Ne suis-je pas en train de gâcher ce cadeau inestimable ?

Le processus de guérison sera alors de reprendre contact avec la réalité. Pas celle de la société mais celle de l’air sur la peau, de la chaleur du soleil ou du froid mordant. C’est aussi observer ce qui se trouve vraiment autour de soi. Depuis quand n’avez vous pas pris le temps d’écouter les quelques oiseaux qui sont autour de vous ? C’est ce qu’on appelle se relier au moment présent.

On parle énormément du courant vegan et de notre rapport à la viande. J’avoue que très longtemps, je n’ai pas pensé à la souffrance de l’animal dans les abattoirs. Je vous le dis tout de suite je ne suis pas vegan ni même végétarienne. De fait, nous avons à la maison largement diminué les quantités de viandes et de poissons et nous sommes tournés vers les légumineuses. Cependant, je continue à acheter de la viande chez mon boucher de quartier (pas de boucherie bio à proximité), et ce depuis le scandale de la viande folle à la fin des années 90.

Je trouve violent la réaction de certains mouvement vegan à l’encontre des bouchers par exemple. Pas tant au niveau physique qu’au niveau intellectuel, comportemental et émotionnel. Même avec le sentiment d’être non violent, nous sommes tous violents…

Au delà de la violence faite aux animaux, je pense à la violence faite à la Terre. Et là, je suis sévère. Et le yogi est en première ligne. En effet, nous transformons notre planète : moins d’eau potable, sécheresse, urbanisation de folie, atmosphère polluée, extinction d’une certaine faune et d’une certaine flore.

Mais un yogi n’a-t-il pas sa part ? celui qui prend l’avion pour aller faire sa formation à Bali, au Mexique ne contribue-t-il pas aux émissions de CO2 en prenant l’avion (je suis la première à être blâmée : un mois aux États-Unis l’année dernière …) ? Acheter le pantalon de yoga  avec des beaux dessins, c’est pas pousser un peu à la consommation, bien qu’ils soient souvent en bouteille recyclées ? Ce pantalon aura juste pris l’avion pour venir jusque dans votre boite aux lettres ? Ces photos sur instagram, ces blogs sur internet : autant de stockage dans des data center qui sont réfrigérés pour éviter échauffement des ordinateurs (à ce sujet, je me suis sévèrement posé la question de tout arrêter. je n’ai pas pu m’y résoudre. je poste nettement moins et je vais encore réduire mon activité).

Et je ne parle pas de la consommation des super ingrédients ! D’accord, c’est un commerce (j’espère bio et équitable) qui permet à certains de vivre. mais ils viennent de l’autre bout de la planète. Le plus bel exemple ? L’avocat ! On le voit partout et à toutes les saisons. Non mais à un moment les yogi faut être responsable : manger local et de saison. et quand je dis local c’est pas la tomate de Provence qui pousse sous serre (donc chauffées et pas qu’avec le soleil !).

Ma mère pour certains trucs me dit que parfois je pousserai à revenir à l’âge de pierre, une espèce de décroissance. Pas complètement … mais il y a matière à réflexion. Franchement, la surconsommation me sort des yeux et maintenant je réfléchis beaucoup avant d’acheter. Déjà que je ne supporte pas de faire les magasins ….

Avant de consommer, réfléchissez à vos actes : le parfum du yogi ? Mais sérieusement un parfum c’est de l’alcool et une huile essentielle. pas la peine d’acheter des huiles pour e corps à 60 € quand vous pouvez vous enduire d’huile de sésame (moins chère) bio : cette huile convient – hors allergie ou contre indication médicale autre – à toutes les peaux selon l’ayurveda.

La violence donc à la Terre. La violence à son corps. et je n’ai pas encore parler de la violence vis à vis des autres. Elle peut être physique : pas la peine de développer. Mais aussi verbale et émotionnelle.

Vous pouvez être adepte de la communication non violente : c’est bien. mais soyez sûr auparavant de bien la maitriser. les gens pensent que parce qu’ils ont lu le bouquin sur la communication non violente, ils savent communiquer. mais la communication non violente ce n’est pas seulement dire ce que vous pensez. c’est aussi DIS-CUTER et dans discuter il y a « dis » , deux et donc ECOUTER. Je conçois que parfois on est fatigué et qu’il y a des choses que nous n’aimons pas faire. mais nous pouvons encore avoir au moins la capacité d’écouter avec empathie, voire compassion. ou au moins écouter tout court.

Surtout ne vous sentez pas visé. Cet article c’est juste le moment de réfléchir et de se dire que puis je faire pour être plus en phase d’AHIMSA ?

Alors l’autre question sous-jacente c’est : est-il possible un jour d’être en complète adéquation avec AHIMSA ? Honnêtement, je ne sais pas. Hormis de vivre en ermite … Mais au moins de faire un peu plus attention. Et cet acte, cela fait partie de votre sadhana de yogi. Modifier son comportement, prendre du recul, accepter, agir avec discernement, réfléchir, vous connaitre ….

Alors shanti ! shanti ! Shanti !

Paix, paix, paix

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Bhoga ou la jouissance de la vie

J’ai beaucoup de chance …. la chance d’avoir commencé le yoga avec une certaine maturité ! J’avais 42 ans. Je me suis laissée aller sans schéma préconçu et sans l’idée même de devenir prof de yoga. Et puis j’ai suivi une formation de vinyasa avec Amie. Beaucoup de pratiques et d’anatomie. Et puis des heures de philosophie. Finalement pas suffisamment ! J’en redemande. Et en définitive, c’est cela qui était bien aussi. Cette possibilité d’entreprendre le chemin qui devait être le sien pour chacun des participants. Le construire à son image. Laisser le temps de sentir ce dont on avait besoin.

Je suis quelqu’un de cérébral, ce qui signifie que j’éprouve des difficultés à sentir les énergies des gens autour de moi. Cela signifie que j’ai besoin de comprendre, de décortiquer. Je devrais utiliser l’imparfait pour cette dernière assertion : je laisse plus parler la compréhension que j’ai de mon corps.

Bref tout cela pour expliquer pourquoi je suis de plus en plus attirée par la philosophie qui sous tend le yoga.

Alors, je continue de me former et notamment sur la philosophie du tantra. Qu’est ce que le tantra ?

Sachez tout d’abord qu’une grande majorité des écoles de yoga aujourd’hui enseigne selon des préceptes issus du tantra.

Le tantrisme est en Inde essentiellement shivaïte, et voue un culte à la Shakti et vise à à son éveil (elle prendra alors le nom de Kundalini). Il est aussi bien pragmatique que spirituel. Il a pour but de s’assurer que l’être humain est toujours connecté au sacré inhérent de la vie et qu’il va élever sa relation à la vie et au SOI.

L’univers ainsi que tout ce qu’il contient est sacré. Afin de se connaitre vraiment et de connaître le monde, on doit démolir le mur qui sépare le spirituel du matériel. Ce n’est pas en bridant nos instincts ou en étouffant nos pulsions que nous pouvons accéder à la libération mais au contraire en les prenant comme tels et en opérant une mutation de leur fonctionnement. Le corps humain est l’univers, il est l’exact reflet du macrocosme. Ce qui est ici est partout, ce qui n’est pas là, n’est nul part. La connaissance du corps et sa maitrise sont un tremplin vers l’éveil spirituel : le tantra permet de se développer au delà de toute limite.

Swami Rama écrivait dans Path of Fire and Light, vol.II, :

Le soleil, la lune, les étoiles, et toutes les lumières que tu peux observer dans le monde extérieur ne sont que des morceaux de cette Grande Lumière qui brille en toi. C’est la lumière de la connaissance, la lumière de la discrimination, la lumière de la compréhension, la lumière de la vie, la lumière du partage et de l’amour, la lumière de l’Etre que tu es Je suis Cela. La lumière intérieure est comme une onde dans le vaste océan de la félicité que nous appelons Brahman, l’Absolu, l’Infini, le Très Grand. Tu es toi même cette onde, tu es une vague. Tu dois toujours croire que cette lumière de vie est vraiment en toi. On dit aussi que la vie est comme une particule, comme une onde. Elle rappelle cette ancienne philosophie qui nous dit que la vie est une vague née de l’océan de félicité, y jouant et s’y résorbant.

La Tantra a notamment comme but : BHOGA (la jouissance), APAVARGA (la libération, l’émancipation) et BHUKTI (l’accomplissement).

BHOGA ce n’est pas la jouissance égocentrique. Bien au contraire. Il s’agit de dépasser la jouissance pure, en prenant conscience que notre individu se place au sein de l’UNIVERS. Mais il est tout à fait normal de considérer que l’homme poursuive le désir du plaisir, du bonheur et du succès. Le désir devient une constante car il y a du désir partout (dépasser le désir est un désir donc un non sens pour le tantra). Le désir, s’il est accompagné du discernement, conduit à l’expansion de la spiritualité et il devient alors l’expression de la divinité. Bhoga est l’expérience réelle de la vie totale, et upa bhoga est l’expérience qui ne permet pas de progresser. Bhoga peut conduire à se libérer, upa bhoga jamais.

Bhoga est l’expérience consciente et totale de sa vie qui permet de tout apprécier. Bhoga concerne les aspects des deux phases de la réalité : bonheur et malheur. C’est ce qui permet de traverser la vie plus léger et plus heureux et de jouir de chaque instant.

Alors ? Qu’est ce que cela signifie ? Et bien que nous traversons des étapes différentes dans notre vie et que si je n’ai connu qu’à 42 ans le yoga, c’est parce que j’ai fait d’autres choses merveilleuses dans ma vie et qu’il n’y a pas de regret à avoir. BHOGA : je jouis de chaque instant en essayant de ne pas me lamenter.

Je jouis de chaque rayon du soleil et je ne crie pas misère dès qu’il pleut ou qu’il vente. BHOGA, c’est sortir de cette léthargie bien répandue dans notre société où au final personne n’est content et où personne ne fait rien. On n’a qu’une vie et il s’agit d’un profiter à chaque moment. BHOGA, cela va être l’art de transformer les difficultés ou les souffrances, les peines et les moments de stress par exemple.

BHOGA cela veut dire être ACTEUR puisque conscient. Et si on est acteur, on peut faire de belles et grandes choses, sortir du pessimisme ambiant et de son égo autocentré limitatif. Et, BHOGA, cela veut dire être heureux. Vivre dans la JOIE. D’ailleurs, c’est à ce moment là qu’on peut mesurer la difficulté du Bonheur, concept éphémère, et la facilité de la Joie, puissant moteur de vie (à ce propos, vous pourrez relire cet article).

SAT CHIT ANANDA

Elève éternelle au yoga

J’adore être élève en yoga. En fait, je ne suis qu’élève même si j’ai suivi plusieurs formation et que j’enseigne un peu le yoga.

Être prof, c’est se mettre en danger car vous vous exposez; vous partagez quelque chose qui est en vous : votre yoga. Professeur de yoga, c’est difficile et nous parlons souvent entre nous : car s’exposer, c’est montrer ses faiblesses et je pense que peu de personnes se dévoilent facilement. C’est faire preuve de satya (Satya, vérité et sincérité).

On s’interroge beaucoup quand on est prof : fais-je les bons choix de postures? Suis je claire dans les instructions pour respirer ? Les élèves ressentent-ils l’énergie du studio ? Est ce que cela leur plaît ?

Bien souvent, on a, à la fin des cours, des personnes qui ont à redire sur la façon dont notre cours a été conduit. Rarement les gens qui sont super contents. Alors j’aime être élève pour m’observer et observer l’énergie de la salle d’un autre œil !

Et j’en retire une nouvelle philosophie de vie.

On apprend sans cesse. Toujours. Le yoga est si vaste. Ce n’est pas que les postures … infinies. C’est un mot qui évoque quelque chose en soi. Une inspir si différente des précédentes et qui vous renvoie quelque part dans votre corps. C’est une sensation autre dans une posture enseignée différemment : un mot, un geste, un regard, une intonation, un enchaînement.

La philosophie du yoga est si vaste et étendue. Quand je regarde ma bibliothèque (Bibliothèque), parfois je me dis que je suis folle d’en avoir autant acheté ! Et ce n’est qu’une partie superficielle de ce dont la philosophie regorge.

Les connaissances bio-mécaniques sont sans limites. Les effets du yoga sur le cerveau et le corps commencent tout juste à faire l’objet de nombreuses mesures et études.

Tous les jours, j’apprends à connaître mon corps, à localiser mes douleurs à m’interroger sur ce qui les a déclenchées.

Tous les jours, je m’assois sur mon splendide zafu pour méditer. Et tous les jours, j’observe un état différent, une énergie différente. Chaque jour est unique avec le yoga, chaque jour j’apprends.

Et puis, j’apprends face aux réactions des autres élèves. Et j’en reviens aux personnes qui n’ont pas été satisfaites d’un cours. Souvent, elles remettent en question l’enseignement dispensé. J’ai souvent dit dans mes différents articles (ou alors je l’ai pensé très fort) que chacun de nous doit trouver le professeur qui lui correspond le mieux. Celui qui va servir de moteur et de support à sa pratique. Et quand maintenant, j’entends quelqu’un me critiquer ou critiquer un autre enseignant, je lui dit « pourquoi cela provoque-t-il cette émotion chez toi ? C’est intéressant que tu l’observes et que tu en comprennes les causes. » Cela ne signifie pas que je dispense le professeur d’une quelconque responsabilité dans le fait que l’élève n’ait pas apprécié le cours.

Par exemple, il y a des cours que j’aime moins que d’autres, où je ne vais plus. Simplement parce que je n’y suis pas à l’aise, parce que c’est trop dans le force et cela me fait peur. Parce que je peux me faire mal à faire des acrobaties. Parce que ce qui est partagé n’est pas ce que je recherche. Mais ce n’est pas la faute de l’enseignant. C’est plutôt comme ça. Ici, personne n’est blessé. Et surtout là, à ce moment, je fais preuve de franchise envers moi même et par conséquent envers l’enseignant. Ce n’est pas être franc que de dire à une personne que son cours est nul : ce n’est pas du yoga. C’est faire preuve de violence car le corps, l’âme et l’esprit réagissent. En effet, bien souvent ce qui provoque ce sentiment vient de l’intérieur de nous. Pas du prof. Lui n’est que le support de déclenchement. C’est pour cela qu’il est intéressant d’observer, de s’observer, pour aller vers la vérité satya.

Et a contrario, il y a des gens que je vais chercher parce qu’ils me correspondent, parce qu’ils me touchent Moi (et pas parce qu’on me l’a dit). Faire du yoga, c’est à la fois déterminer ce qui nous fait du bien mais aussi savoir comment on réagit et reconnaître quand c’est l’EGO qui est en position de défense. C’est être dans l’unité, ÊTRE authentique. Unité du corps, de l’âme et de l’esprit.

J’aime beaucoup ce qu’écrit Iyengar dans « La voie de la paix intérieure » : « En sanskrit, le terme est purusa. En français nous pouvons l’appeler Âme cosmique ou Âme universelle. (…) Dans l’unité, il n’y a pas de possession, car la possession est un état duel, qui contient un moi et un ça. L’âme est immuable, éternelle et constante : elle demeure toujours en tant que témoin, enracinée dans l’origine divine et l’unité. Toute la pratique du yoga concerne l’exploration de la relation entre Prakriti et Purusa, la Nature et l’Âme. Il s’agit de retourner à notre image originelle, d’apprendre à vivre entre terre et ciel. »

C’est quand nous sommes arrivés à cette unité complète que nous cessons d’être élève. Ce que je veux dire par là, c’est qu’outre un apprentissage de notions, on apprend aussi à s’observer, à s’écouter puis à observer et écouter. Je dirais que c’est apprendre la sagesse. Voilà, être élève c’est aller vers la sagesse ….

Enseignant de yoga : éternel élève

My advice for yoga teachers? « Above all else: never, never stop being a student; study with the best, most notably, those who truly embody what they teach. Only then can you become a teacher of distinction. Only when you grow to understand and feel a legitimate link to the vision of yoga as seen by the tradition of yoga, and relate to it as something that breathes with sublime life and wisdom––and has long before you took your first breath––will you truly thrive as student and only then can you become a great teacher. » Rod Stryker

J’ai repensé à mon précédent article sur Choisir son professeur de yoga ou comment reconnaître un bon prof de yoga ? et il est incomplet !

En effet, j’ai oublié ou pas assez insisté sur certains aspects.

D’abord, le bon professeur reste un éternel élève, comme le dit si bien Rod Stryker supra. C’est celui qui va vous faire progresser aussi bien sur le plan physique que mental / émotionnel / spirituel. Il va vous accompagner et ce, pas nécessairement d’une façon visible et affiché. L’évolution sera subtile car le prof de yoga évolue aussi avec vous en même temps que vous dans l’échange.

L’échange ? Mais est ce que cela veut dire que le prof qui pratique en même temps que vous est un mauvais enseignant ? Tiens je change de mot : prof et enseignant ! Du didactique on passe à une relation plus fine où la transmission est réelle. Cette transmission n’apporte pas forcément des réponses (et même rarement); elle pose les questions, elle vous place sur une voie et c’est à vous et vous seul d’avancer, et à votre propre rythme). Généralement vous allez évoluer au fur et à mesure que votre énergie, votre prana, va se révéler et circuler dans votre corps; vous allez évoluer quand de l’espace va se créer en vous. Ces moments là vous sont apportés par votre enseignant sans que cela soit dit. C’est en cela qu’il est enseignant et accompagnant.

Pour autant, le prof de yoga n’est pas forcément un thérapeute (bien entendu certains peuvent avoir suivi des études en ce sens) : il ne peut que vous conseiller, pas vous contraindre. L’enseignant de yoga n’es pas gourou. Fuyez toute personne tentant de prendre un quelconque ascendant sur vous. L’espace de fragilité ouvert en vous avec le yoga ne veut pas dire que vous soyez malléable. de cette fragilité vous devez tirer une force. L’enseignant de yoga vous a montré / révélé cette force.

J’en reviens à la première question : le prof qui pratique en même temps que vous est un mauvais enseignant ? OU inversement, celui qui reste assis tout le temps sur sa chaise sans bouger ? Ou encore celui qui vous corrige tout le temps ?

Il n’y a pas de réponse. Ce qui est certain, c’est qu’un bon enseignant se soucie de ses élèves et donc les regarde. Mais il doit aussi les respecter et les corriger constamment n’est pas forcément non plus la bonne attitude. Poser ses mains sur le corps d’une personne n’est pas anodin. Cela s’apprend : il y a le toucher et l’énergie qu’on distribue. J’ai pas mal corriger mes élèves et maintenant je pense (n’enseignant actuellement que le yoga nidra) que je corrigerai un peu moins pour laisser un peu plus le temps à l’élève pour sentir. Je pense que les corrections aidées sont importantes pour éviter les blessures ou parce qu’un petit coup de main peut aider l’élève à sentir l’espace dans son corps. Bien entendu cela doit se faire avec l’accord de celui-ci et avec respect. Vouloir plier à tout prix un corps pour lui faire prendre une posture est une erreur fondamentale, une violence commise sur quelqu’un.

La réponse aux 3 questions supra est liée à l’appréciation de chacun. Pour ma part, je suis un peu choquée quand le prof pratique en même temps (sauf cas particulier) que moi ou qu’il reste assis sans bouger. Pour moi, le yoga est vivant, mais il s’agit là de mon appréciation personnelle ….