Yoga nidra et méditation

Mis en avant

Au fur et à mesure de ma pratique personnelle et de l’avancée de mes connaissances, mes perceptions évoluent. Si vous vous reportez à mes premiers articles dans ce blog (Les états modifiés de conscience ou On ressent quoi en yoga nidra ? ou Qu’est ce que le yoga nidra ?), vous vous rendrez compte que j’ai souvent défini le yoga nidra comme étant une méditation.

Si cela en est bien une, je dois tout de même affiner cette assertion. Le yoga nidra est différent de la méditation telle qu’elle est pratiquée de nos jours.

Les buts sont similaires : explorer notre état intérieur et arriver à un état suspendu de paix intérieure et de clarté mentale pour mettre fin aux vrittis, nos doutes, nos interrogations, nos remises en questions, toutes ces fragmentations mentales qui nous perturbent et, au-delà, brouillent notre état intérieur et dissout dans le brouillard notre être authentique.

La façon d’y arriver diffère.

Le plus souvent la méditation se fait en position assise, stable. En yoga nidra, le pratiquant est allongé sur le sol. Généralement, dans l’une et l’autre pratique les paupières sont closes. Cependant, en yoga nidra on arrive rapidement vers une immobilité du corps. Cela n’est pas nécessairement le cas en méditation.

Je pratique quotidiennement la méditation guidée avec Rod Stryker à travers son application Sanctuary que je trouve extraordinaire. C’est en anglais mais il parle clairement et pas trop vite ce qui permet pour un français (puisque nous sommes en ce qui concerne ma génération pas très bon en langue) de comprendre. Hier j’ai suivi une méditation sur l’éveil du chakra du 3ème œil dans laquelle il y avait un long pranayama : kapalabathi avec rétention à plein suivi de nadi sodhana. Une autre de ses méditations, « Still Lake », invite à examiner sa respiration avec les mains sous les aisselles inversées, les pouces vers la poitrine.

En yoga nidra, ce n’est pas le cas (lire Note de lecture : « Dormir pour s’éveiller : le yoga nidra traditionnel » de Mathieu et La posture de Savasana) et pour cause. Ce qu’on recherche c’est le lâcher-prise, la reddition du corps. A travers un « protocole » où on traverse les différents koshas (lire Les koshas : nos enveloppes) pour endormir le corps, il s’agit de percer les différents états de conscience (Les états modifiés de conscience), les transcender et arriver à TURYA, la conscience pure, votre Atman, votre soi authentique profond et véritable.

En méditation, on réduit progressivement le champ de la concentration sur l’objet de la méditation : la respiration, un mantra, un yantra. L’assise est essentielle dans la méditation car elle permet d’avoir la conscience de son corps. Essayer de méditer couché ! Rapidement vous allez perdre cette qualité affinée de concentration focalisée pour vous disperser. Bon évidemment je suis aussi allée voir ce qui se racontait sur la méditation sur internet : et les définitions sont larges et se contredisent ! Et vous aurez peut être une pratique de méditation qui n’est que silence, qui n’est pas active du tout. Pour autant, dans ma pratique, il y a toujours un moment où c’est le silence, la concentration active étant le support de cette seconde partie de la méditation. Pour autant de ce que j’en sais, il existe toujours un support à la méditation : la thématique proposée, les réflexions qui en découlent.

Le yoga nidra a pour but de nous faire reprendre contact avec notre être authentique. Et combien de fois nous nous connectons avec celui-ci ? N’y a–il pas non plus une déperdition même du contact avec ce que nous sommes vraiment dans nos actions de tous les jours. Le yoga nidra nous amène à cette reconnexion profonde, au sens profond de notre vie à travers le sankalpa. Et en fait, le yoga nidra nous entraine à cela pour les moments mêmes de la vie éveillée. Le plus important c’est cette connection dans les transitions (dont j’ai déjà parlé Les transitions). Ce sont ces moments qui sont les plus fondamentaux dans la pratique du yoga nidra qui ne se retrouvent pas en méditation.

Cependant, ce ne sont pas deux pratiques opposées. Bien au contraire, elles sont complémentaires l’une de l’autre. Elles conduisent toutes les deux vers le calme intérieur, l’observation sans observation, le développement de la conscience. Et effectivement, j’éprouve de plus en plus de plaisir à m’asseoir et à méditer, ce que je n’envisageais pas encore il y a 6 mois. Lorsque je ne peux malheureusement pas méditer le matin comme je le souhaiterais, je ressens un vide, un manque. Tout comme pour le yoga nidra. Difficile de pouvoir parfois trouver du temps pour la méditation le matin ou pratiquer un yoga nidra dans la journée.

Bon j’avoue, et vous l’avez bien compris, avoir une préférence pour le yoga nidra qui a développé par les effets induits une conscience encore plus profonde de qui je suis, cette conscience se confondant même avec le je suis. Je sais, c’est difficile à suivre… Peut être me faudra-t-il encore des mois et plusieurs articles pour arriver à expliquer ce qu’est le yoga nidra et ces effets.En tous les cas, pratiquez pratiquez et observez sans vouloir nommer systématiquement. C’est encore la meilleure façon de vivre sa pratique.

 

Namaste

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